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13 décembre 2004

Commentaires


J'avais lu ton magnifique texte au tout début de la rencontre avec ce lieu qui est le tien et n'avais jamais osé commenter tant ce que tu décris de ta révolte et de tes questions auraient pu être les miennes.
Je ne sais si c'est autobiographique
cela y ressemble par l'intensité des sentiments qui ne peuvent qu'avoir été vécus au plus profond de l'être.
Mona
ce ne sera jamais moi, je serais incapable, même par amour, de disperser les cendres de l'Aimé, et pourtant si tel était son voeu...
Il en faut du courage pour plonger sa main dans ce qui reste du corps caressé, embrassé, adoré, il en faut du courage et... a priori je ne pourrais avoir ce courage-là.
Le voyage que tu nous proposes dans cette région que je ne connais que pour la fameuse bambouseraie me fait penser à la fois au film Les Filles du Botaniste et (en flash) à certaines images désolées du Japon de Kurosawa.
J'aime ces phrases courtes qui disent la lente montée interrompue de haltes pour conserver le souffle... C'est magnifique Angèle, merci du cadeau du lien hier (je n'ai pu venir plus tôt, beaucoup de boulot...)

Viviane, merci à toi d'être venue.

Oui, c'est une histoire vécue. Il y a douze ans. Mais ni L., ni Y. n'ont oublié et ne peuvent oublier. Mona a refait sa vie, plus ou moins ; nous l'avons perdue de vue. Mais de A. notre ami (mort à 52 ans d'un cancer du pancréas), nous parlons souvent et toujours avec la même tendresse. Il est toujours présent en nous. Pourtant, depuis ce temps-là, nous ne sommes plus retournés dans les Cévennes. Peut-être un jour, ne serait-ce qu'en prenant pour prétexte de visiter cette fameuse bambouseraie. Les alibis sont parfois nécessaires...


Voyez-vous, Angèle, votre éphéméride, je lui en veux !!! Alors quoi ! il faut fouiller dans le sous-sol de Terres de femmes pour trouver ce texte ? Vous devriez alterner la mémoire des écrivains, des peintres et nous offrir un peu de cette langue-là, si drue, si reconnaissable : la vôtre. Et puis il y a de votre déchirure dans ce texte, le visage livré aux autres et les colères en soi. Ça brise la perfection paroles lisses, ça rugit, ça bouillonne. On n'est pas loin de l'Halalli, mais vous êtes le sanglier qui laboure la terre de sa colère ensanglantée : magnifique !


Eh oui, Christiane, il faut fouiller dans Terres de femmes. Vous voilà promue archéologue de ma propre mémoire, et vous ne le regrettez pas ! J'en suis très émue. Merci d'avoir exhumé ce texte ancien que j'aime aussi beaucoup.



Ce texte est si proche de celui de Béatrice Bonhomme... Je l'ai relu avec émotion... J'écoute l'andante de la sonate de Schubert... Partage



Ce que vous écrivez là résonne comme une invitation à l'écriture. Je vous en suis très reconnaissante, Christiane. Je vais relire ce texte ancien, qui continue son chemin en moi.



Ce n'étaient que de petits bouquets jaunes, préparés à l’envol de cette matinée accentuée de givre, des bouquets pour chacun, à poser, à lancer, à jeter avec amour au vent qui nous faisait promesse de l'enlacer, à l'instant de ce pas de deux entre ciel et terre, de tendresse égale à la douceur infinie, qui traçait de légers voyages dans le clair de ses yeux.

Oui, ce n'était rien de plus que de petits frissons jaunes posés sur mes genoux, le temps de ce voyage lent et foudroyant de tristesse. Schubert couvrait notre silence, la route verglacée te laissait prudente.
Seule à l'arrière, nouée de larmes, je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était nous qui transportions ce qui deviendrait volute au soleil des Cévennes.

Ce jour de mars, c’est hier, aujourd’hui et demain à la fois, ce jour de glace est inscrit à jamais dans mon cœur, et s'il s’agite de battements si singuliers ce soir c’est que ce fut là notre premier partage, tous trois unis pour la première fois.
Ce long cortège, silencieux, brûlant de tristesse, hurlant de maladresse parfois.
Nos pas prudents et décalés sur le sol glacé, c’était bien hier, mais c’est encore aujourd’hui et demain.

A vous, à Lui
Lisa


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