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Susan Sontag

Susan Sontag

Portrait de Susan Sontag
Image, G.AdC




« Les spéculations du monde antique faisaient le plus souvent de la maladie un instrument de la colère divine. Le châtiment frappait une communauté. […] Les maladies sur lesquelles se sont greffés les phantasmes du monde moderne - tuberculose et cancer - sont considérées comme une forme d’autopunition, de trahison du soi.

C’est l’esprit qui trahit le corps. « Ma tête et mes poumons sont de connivence sans que je le sache », écrivait Kafka à Max Brod en 1917, à propos de sa tuberculose. Ou bien le corps qui trahit les sentiments, comme dans ce roman tardif de Thomas Mann, Le Cygne noir, dont l’héroïne vieillissante, amoureuse comme une adolescente d’un jeune homme, prend pour le retour de ses règles ce qui est en fait une hémorragie et le symptôme d’un cancer incurable. La trahison du corps, possède, croit-on, sa logique interne. Freud était «  très beau…lorsqu’il parlait », rappelait Wilhelm Reich. «  Et c’est là qu’il fut touché, dans sa bouche. Et c’est à ce moment précis que s’est éveillé mon intérêt pour le cancer. » Un intérêt qui conduisit Reich à proposer sa version personnelle du lien unissant une maladie fatale et le tempérament de ceux qu’elle humilie. »

Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois Éditeur, 2005, page 55.



Voir aussi :
- 29 avril 1909/13e Salon international de la photographie à Paris



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