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Béatrice Bonhomme

Béatrice Bonhomme

Portrait de Béatrice Bonhomme
Image, G.AdC





l’amère
fusion de ton corps
dans mon corps
d’attente et de don
je t’aime de tout mon
espace, où se referme
les bras de danse

à l’arabesque
d’un déploiement

Béatrice Bonhomme, L’ombelle, Le Dessaisissement des fleurs, Rafaël de Surtis, 1997, in Poumon d’oiseau éphémère, Poèmes 1996-2001, Mélis Éditions, 2004, page 60.





« Et toi devenu ce passant, cette labilité qui m’a soudain fui comme une eau trop rapide, toi le mouvement du temps, je te garde, comme mon amour au cœur des choses.
Maintenant j’habite ta petite chambre sur les toits et je dors au milieu de tes fresques. Ta mort a été pour moi une mutilation d’arbre, une mutilation d’os. On m’a arraché un membre, et comme on a longtemps mal au membre absent, j’ai mal à ton absence sans savoir vraiment où poser cette douleur qui est toujours curieusement cette attente vaine de toi. Maintenant je t’attends. Parfois je te rencontre en rêve dans un autre espace-temps. Parfois je me souviens de toi, je vis au jour le jour avec toi et le matin est toujours le tien quand tu étais éveillé avant tous les autres, posé sur les matins comme autant de promesses d’aubes et de couleurs. Et tu étais aussi le veilleur du soir, tu veillais sur la maison et sur nous, veilleur de couchants et d’aubes, posé sur la promesse des choses.
Et aujourd’hui que je suis dans ta petite chambre en haut des toits de Cluis, dans cette chambre un peu lézardée, blanchie grossièrement à la chaux et couverte de fresques comme autant de trésors, je ressens alors ta présence de vivant au monde, toi le magicien des couleurs, toi le peintre de la vie. »

Cluis, le 19 août 2006

Béatrice Bonhomme-Villani, Excipit, Mutilation d’arbre, Collodion, 2008, page 28.



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