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Gaspara Stampa

Gaspara Stampa

Portrait de Gaspara Stampa.
Image, G.AdC





53


Se d'arder e d'amar io non mi stanco,
anzi crescermi ognor questo e quel sento,
e di questo e di quello io non mi pento,
come Amor sa, che mi sta sempre al fianco,


onde avien che la speme ognor vien manco,
da me sparendo come nebbia al vento,
la speme che 'l mio cor può far contento,
senza cui non si vive, e non vissi anco?


Nel mezzo del mio cor spesso mi dice
un'incognita téma: - O miserella,
non fia 'l tuo stato gran tempo felice;


ché fra non molto poria sparir quella
luce degli occhi tuoi vera beatrice,
ed ogni gioia tua sparir con ella.






TRADUCTION


Aimer, brûler !... Non, je n’en suis point lasse, et même
je sens ces feux en moi sans cesse plus puissants ;
et qu’il en soit ainsi me laisse sans regret :
Amour le sait, qui ne me quitte un seul instant…


Mais d'où vient que l'espoir jour après jour faiblit ?
Je le vois s'effacer tel une brume au vent,
cet espoir, qui suffit à contenter mon coeur;
car sans lui, point de vie; et lui seul m'a fait vivre !


Au plus profond de moi-même souvent j'entends
je ne sais quelle voix qui m'inquiète : "O pauvrette,
ce bonheur où tu es ne va guère durer;


dans peu de temps pourrait s'éteindre la lumière
par qui vraiment tes yeux sont ravis en extase,
et avec elle s'éteindraient toutes tes joies.



Gaspara Stampa, "Poème 53", Poèmes, Édition bilingue, Gallimard, Collection Poésie, 1991, pp. 52-53. Traduction de Paul Bachmann.




■ Gaspara Stampa
sur Terres de femmes

O beata e dolcissima novella




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