« Hélène Dorion | [La pluie dessine des ombrages] | Accueil | 24 octobre 1776 | Jean-Jacques Rousseau, «L’Accident de Ménilmontant» »

23 octobre 2012

Commentaires


Frère humain de Sylvie Fabre .G. Dans ce livre, l'amour et la mort semblent se dresser l'un contre l'autre dans un combat indécis. La sœur puise dans ce qui a été la vie forte pour survoler la mort, faire comme si elle pouvait faire revenir ce que la mort a avalé : la douceur d'une voix, une présence aimée. Le spectre sera-t-il fidèle à celle qui le hèle ? Le frère revivra-t-il, survivra-t-il ? L'obstacle est magiquement contourné. La mort semble renversée par l'amour qui fait réponse, dit que rien n'est vraiment fini, lui tient tête.
Parfois la parole - à en croire Angèle Paoli qui se fait lectrice - semble glisser, errer, se perdre, se réduire au silence. Parfois elle suggère que l'insaisissable de la mort fait présence. Des frontières sont franchies, des limites dépassées. Le Styx est franchi. Sylvie Fabre G. devient Orphée et son frère : Eurydice. Le voyage impossible commence.
Il leur faut alors - la poète, la lectrice - rester dans la fulgurance de l'instant, oublier l'Après, l'irréversible de la mort, la séparation, le temps vide, l'incommunicable, le néant.
Cette voix clame-t-elle son interrogation dans un espace noir et inconnu, sourd, que l'on ne peut regarder en face ? Souffle de la parole poétique contre expiration mortelle...
Plus rien-à-jamais ou liés-pour-toujours...
Vertiges tressés d'une écriture et d'une lecture qui se répondent comme un secret partagé...


L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.