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30 septembre 2012

Commentaires

Livre déroutant et bouleversant. Chacune de ces chutes est l'occasion d'une exploration de l'âme humaine, du passé, du "noyau de silence". Souvent un retour à l'enfance éblouie comme ici pour ce "héros lunaire". Comme si nous nous trompions de chemin au long des années ou ne comprenions pas la férocité de la vie. Et puis, après des grands éboulements, une faim de lumière, une force nouvelle qui vient dont on ne sait où et qui vous hisse dans la joie, hors de la peur, de la souffrance.
"Tout à coup quelque chose désarçonne l'âme dans le corps. (...) dévoyant le chemin qu'on avait jusque-là emprunté, déroutant le voyage.(...)
Il faut retraverser la détresse originaire autant de fois qu'on veut revivre. (...) s'engager au cœur de la forêt...
L'homme doit regagner l'imprévisible comme sa patrie.
(...) Alors ce sont les imprévisibles qui sont l'objet de sa quête et de sa faim."
Imprévisibles aussi les chapitres qui se succèdent comme liés par le hasard. Parfois un lien entre deux saynètes, parfois le lien restera secret, "improgrammable". Parfois ils sont très brefs et ressemblent à un haïku, tel le LVI
"Parfois les étoiles qui montent dans la nuit
fuient la terre
s'écartant de notre peur."
Ce Dernier Royaume dont ce livre est le septième semble conduire Pascal Quignard vers son lieu d'origine, "le lieu d'avant le monde, c'est-à-dire le lieu où le moi peut être absent et où le corps s'oublie."
Un livre que l'on traverse comme un rêve...


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