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08 mai 2012

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Toutes ces morts qui se superposent... celle de cet immense écrivain, Gustave Flaubert, celles de ses deux personnages : Emma Bovary et Félicité. Je relis ces deux extraits forts et redoutables. Violence de la mort d'Emma dans ce texte réaliste où rien ne nous est épargné de sa difficile agonie, de son passage progressif à l'épouvante ; On ne sait trop à quel moment elle meurt "elle n'existe plus...". Ironie tragique de la chanson de l'aveugle. On a ici la condamnation par la morale chrétienne (de l'époque et du lieu) de l'adultère (encore plus que du suicide) qui doit être puni par beaucoup de souffrances au moment de la mort. Quelle terrible fin pour cette rêveuse amoureuse de l'amour qui n'aura trouvé sur sa route que des hommes décevants, maladroits. Emma la maudite...
Et puis Félicité, la dévouée, la presque "sainte", qui elle, a "le droit" d'avoir une mort douce, "méritée", et même de voir "Loulou", le perroquet, en Saint-Esprit éblouissant... Ces morts antinomiques me font songer, dans Le Dialogue des Carmélites de G. Bernanos, à cet étrange échange entre les morts de la novice Blanche, si effrayée par la mort et celle de la prieure, si forte. Transfert de la Grâce suggéré... Mais cette phrase à la fin du roman rejoint un peu ce que suggèrent les morts d'Emma et de Félicité ainsi mises en regard :
"Qui aurait pu croire qu'elle aurait tant de peine à mourir (...) oui, ça devait être la mort d'une autre, une mort trop petite pour elle."
Puissent nos mérites - ou leurs envers - ne pas être jugés à l'aune des souffrances possibles de notre agonie !
Un grand écrivain ce Gustave Flaubert... Éphéméride émouvante.



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