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26 avril 2012

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C'était un dimanche matin, début mars, dans le salon de poésie de la librairie "Le Divan", rue de La Convention, dans le quinzième.
Ils sont arrivés tous les deux : Valérie Rouzeau et Jacques Bonnaffé. Et les mots de Vrouz, balancés au gré des sonnets rebondissaient de elle à lui :
"C'était peut-être le cœur d'icelle
Qui s'est interposé soudain
Entre sa voix et mon souvenir"
C'était émouvant, drôle et mélancolique. Nous écoutions, sages, étonnés. Ce souvenir me revient en lisant cette belle lecture de Tristan Hordé.
Un dimanche matin... qui vrouzait... dans une librairie bien sympathique.



Lu, relu et approuvé, ce recueil Phalanstère qui donne envie de sourire et de se taire, en épelant lentement l'écorce de phrases qui s'écaillent et s'encanaillent, qui échangent des lettres comme au scrabble mais sans compter au comptant et s’enorgueillir des scores de malice et de savoir-lire antérieur. Ce dernier s’apprend et s’oublie au fur et à mesure, il se digère lentement. La traductrice de Sylvia Plath mélange ici ses pensées à la sauce Rouzeau. Elle les cuisine avec talent sans langue de bois, elle les touille avec sa voix. Cela se passe aussitôt qu'elle sort d'une bouche de métro. On dirait Zazie ou quelqu'un d'autre de très lunaire, mais avec les pieds sur terre, cisaillant la syntaxe pour la faire chanter plus dru, plus crû, mais avec de subtils condiments. On me dit d’elle qu’elle est l’une des voix majeures de la poésie contemporaine, qu’elle a inventé quelque chose par la langue et pour la langue. Je n’en sais rien. Et je m’en fous un peu. Les universitaires légistes nous diront un jour ce que cette écriture apporte à nos façons de s’exprimer. Même si je doute de l’existence d’une langue délurée en forme stable et adoubée dans les armoires empoussiérées de la culture. Ce qui m’intéresse davantage est de l’ordre du présent, du dialogue et du Dit lorsqu’il est vivant et sincère.
Alors là, c'est moi qui l'imagine, elle, telle que croisée, en train de ramasser le sens en confettis amovibles, calibrés et rectangulaires, à la manière du "Cent mille milliards de poèmes" de Raymond Queneau... Et je m’émeus, et je me marre, et je plonge dans la marmite des mélancolies comme un Dalton que l’on a emplumé par surprise. A cheval sur mon chevron de voie ferrée, j’attends qu’un poème bienveillant me conduise à la rivière pour me débarrasser du goudron de mon ignorance. Au bout du voyage … VrouzZZZzzz ! Je suis impec . Alors...
Merci chère Angèle pour ce cadeau qui circule sur TdF et qui n’a pas fini de nous faire voyager…
Merci à Tristan Hordé pour son attentive lecture.
Merci à Valérie pour ce qu’elle apporte à l’actualité poétique avec sa modestie rieuse et son sourire itinérant.



Magnifique parole de Marie-Th. Peyrin !


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