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07 décembre 2011

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Vous étiez le "66e poème" de l'anthologie Terres de Femmes avec cette "nomade" traversant mille territoires incandescents. Vous voici revenue, main ouverte, par un poème tout neuf qui dit le voyage inachevé. La musique de Stephan Micus vous accompagne avec son balancement de caravane. Ainsi se continue le travail de la langue, de poème en poème, de poète en poète. Des écritures qui ne cessent d'être révélation d'une conscience qui se creuse comme les enfants le font des roseaux pour en faire une flûte et alors nous, lecteurs, entendons ce que l'on ne savait pas savoir et qui poème lu nous parle d'évidence. Le monde n'est plus le même. J'imagine en amont du poème achevé des mots griffonnés, raturés, un désordre, des tentatives, des pauses jusqu'à ce moment de joie où le chaos fait place au poème.
Cela tient du miracle la naissance d'un poème. Ça vient d'une solitude, d'une pudeur et ça fait un chemin, une rumeur jusqu'au lecteur. C'est plein d'incertitudes, d'intuition, de secrets.
Sur Terres de femme, c'est un ruissellement continu, comme un chant d'eau qui chuchote à nos coeurs. C'est beau parce que c'est hors de l'utilitaire. Ça sert juste à faire du bonheur, à relier. À faire comme une musique fluide en nous. À entrer dans l'épaisseur des choses et des êtres. Ça ouvre à l'inconnu, au silence de la pensée, à la dénudation du monde pour approcher la parole.
Merci à vous pour cette plénitude.


Un simple émoi déjà rien que dans le premier vers
"Ecrire pour se parcourir"
en dit long comme voyage
la seconde sur un frisson.

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