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07 novembre 2011

Commentaires

Bravo, Angèle! Tes aperceptions des êtres m'impressionnent beaucoup ! Vive Béthune !


Il existe des lieux qui naissent des mots, des voyages qui naissent de l'écriture. La lectrice a lu Lettres nomades. Son regard a sélectionné, trié, prélevé. Je lis, les mots glissent comme l'eau, se recouvrent comme les vagues que la lectrice regarde, se plient les uns sur les autres et se déplient. Je lis et je marche comme la lectrice, je découvre des terres nées sur une péniche. Je suis les traces de ces écrivains voyageurs.
"Le lecteur s'éveille/Sortant du livre par le livre..." comme l'écrit Michel Deguy dans Gisants. Tout commence par les mots dans un lieu qui n'est ailleurs que dans la page lue. Chaque écrivain cité ouvre un espace de méditation, des paysages du Nord hantés par le nomadisme, la lectrice apportant ces fragments sur son cahier d'écriture italien, en ouvre un autre, nid dans les galets, reflété par le miroir de l'écran... Tentative répétée de ces langues-témoins séparées par ces portraits rares de Patrick Devresse. Cela fait comme un chant dans l'espace, un peu insaisissable. Des absences-présences. Un paysage mouvant, un entre-deux né sur "L'Ange Gabriel" qui leur fut résidence flottante et immobile, amarrée au port de Béthune. Ecrivains naufragés de Zoé Valdès, Eva Almassy suivant la course des nuages perchée dans un arbre, Eric Pessan et ses fantômes, Lambert Schlechter qui affole la ponctuation, Luis Mizon et son visage de dieu inca... Ils sont tous là en suspension, traversant ma mémoire de nomade, gagnant les terres de nudité, émouvants. Ecritures plurielles et furtives. Rendant visible l'invisible.



Très émouvante cette "mémoire de nomade". Merci infiniment Chère Angèle.


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