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01 août 2011

Commentaires


Ah Brina Svit enfin ! Cela faisait longtemps...




Je pense que Brina Svit est partie, plus qu’un écrivain homme, d’un rêve mythique propre aux femmes, pour penser sérieusement au mot comme à un fil, mais au fil comme moyen et comme métaphore surtout pour filer avec la nuit les desseins (et dessins , à quoi s’emploie Lucie) les plus astucieux afin de déjouer les arnaques de la vie que la femme est la plus fine à déceler. En nommant fil, je pense à fille et fils d’ailleurs que l’étymologie latine renvoie au terme filia sous lequel je pressens cette filiation.

Le désir de l’autre n’est qu’un brin de fil - comme le montre si bien Angèle à travers son titre : "Les incertitudes du désir" - posé quelque part dans la trame de ce magnifique tissage, tapis volant qui me rappelle le tapis tissé par Keltoum, la femme de Keblout, dans le texte magistral de Kateb Yacine intitulé : "Keblout ou la corde tranchée".

C’est fou comme la femme peut en une nuit plier le monde et le mettre dans un livre! Mais pourquoi "fou" ? Combien il est sage de savoir filer et défiler en une nuit , la plus longue nécessairement, le tapis de sa vie et passer le lendemain à autre chose qui recommencera le chemin ou comme dit Angèle : "nous conduit vers un" "commencement du monde".

D’Atropos, d’Ariane et de Pénélope, Brinat Svit a appris à tisser hautement astusieusement, et pourtant c’est de la femme d’Ulysse, tisseuse persévérante et grande amoureuse d’un époux qui, lui, tisse la vie à travers la corde tendue de son arc, qu’elle semble le plus tenir. Mais n’a-t- elle pas assez côtoyé cette aïeule, recluse dans sa chambre comme un écrivain, pour comprendre qu’écrire, c’est tisser ?
Mais une toile haut de gamme qui fait réapparaître infiniment par le mot dans le fil ce qui dans la vie a tendance à dispaître fatalement.

Plus que la perle, et l’auteur le dit, le fil, cordon ombilical plus métaphorique que réel, tisse, embellit et nous lie à ce qui fait de nous des êtres "attachants".



Merci,Mahdia, pour l'analyse très subtile que vous nous proposez. Je pense en effet qu'elle correspond assez à Brina S. qui est à la fois une grande amoureuse et un grand écrivain. Brina S. connaît l'art de tisser et de détisser - à l'infini- mots et sentiments. Mais le dernier roman de B.S porte également au coeur de sa trame une réflexion plus sombre, sur la mort et sur le deuil.
Bonne lecture à toi, Amaryllis. R.V le premier septembre.

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