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07 avril 2011

Commentaires


Il faut longuement apprivoiser ce texte de Natsumé Sôseki pour qu'il cède. Aller de la peinture à l'écriture, de Nicolas de Staël à Morandi, de l'écriture de l'un à l'écriture sur l'autre. Se dessine alors un cercle où tous trois font triangle d'or, parfait.
De Morandi, Youssef Ishaghpour pense (Morandi, Lumière et mémoire, Farrago /éd. Léo Scheer) :
"Morandi ne ressuscite aucune harmonie préétablie. La perfection de Morandi, contrairement à celle des anciens, naît de la transfiguration de ce qui est, et reste, fragile, fugitif, contingent, et de leur rédemption dans une intemporalité et une lumière nouvelle.
Il a une profonde connaissance du passé. Mais sa relation au passé est de l'ordre de la réminiscence. Et la réminiscence est un pur mouvement du temps, non pas une mémoire submergée de souvenirs, de dépendances et de citations d'oeuvres d'art. C'est une vision qui se réalise dans l'acte de la peinture."(14,15).
Et Nicolas de Staël écrit en juillet 1937 à Emmanuel Friceco :
"[...]Mes yeux ne doivent pas regarder au dehors.[...] Tout doit se passer en moi, c'est avec le besoin intérieur, intime qu'il faut dessiner et ce n'est que comme cela que je ferai, si je puis, du bon dessin, de la bonne peinture.
Et là, les mots de Natsumé Sôseki m'offrent une intensité, une résonance,une puissance de mobilisation intérieure sans rapport avec les gestes extérieurs, bouleversante. C'est une calligraphie menant au sublime car aucun geste - écriture ou dessin - ne peut engendrer d'émotion, s'il ne vient d'une disposition intérieure.


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