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29 mars 2011

Commentaires


Poème lancinant, si beau, si pur. Une page blanche comme une mer où la nageuse fendrait l'écume du silence pour inscrire les couleurs d'un lendemain irisé...



J’aime beaucoup votre Blanc, Mahdia Benguesmia, et je vous emmène en voyage :

AIR MEDITERRANEE
Ce voyage en Egypte commence par Corinthe,
Les cyprès bleus s'amarrent au pôle,
L'avion sur le vieux continent inscrit sa trajectoire,
Elle se perd quelque part du côté du Trocadéro.
Une montre à la place d'une boussole,
Les fuseaux horaires dans le sud lointain,
Comme les oliviers de Palestine
S'accrochent aux collines en fond de mer.
L'âpreté de l'exil sur les rives du Jourdain
A le goût des raisins de l'hiver.
Cette vieille dame dans l'épicerie d'un matin de novembre
Cherchant en vain des raisins de Smyrne,
Me fit confondre Carthage avec Malaga.
Cette mer laquée marine au beau milieu des terres,
S'arrête là devant le canal,
Ferdinand pour toujours a brisé le cordon,
Hannibal drapé dans le sirocco chaud
A perdu sa bataille ;
Ses navires armés par Scipion l'Africain
Ont vu s'enfoncer la ligne de flottaison,
Et comme une île noyée dans le bleu du ciel
Tout autour de la carlingue,
Les nuages à mes pieds écument l'horizon.
Entre ciel et mer j'ai choisi de voguer
Il paraît que nous ferons escale à Chypre.

Amicizia
Guidu ____


A Christiane
Merci pour votre mot si beau si pur aussi ! un sentiment d’une blancheur éclatante qui nargue le gris "virtuel" de la page d’Angèle et vient me prouver que le "lendemain irisé" que vous lisez dans mon poème est d’abord celui que nous sommes entrain de savourer et de partager sur cette belle terre de Corse qui fait magiquement fondre, dans un bel élan d’amour, nos frontières les plus tenaces.

A Guidu ANTONIETTI di CINARCA
Votre blanc me plaît beaucoup aussi. C’est d’ailleurs, je crois bien, votre blanc qui a rendu le mien éclatant. Et là, je pense au Narcisse, à la blancheur du mot autant qu’à celle de la fleur ; à la pureté de la lumière qui traverse la chose et son symbole dont vous savez merveilleusement, en tant que maître de la couleur, extraire le diamant.
Votre réaction me convainc plus de l’efficacité de la vision du peintre et du poète (que vous êtes)à mieux expliquer la pureté.
Mais si le narcisse demeure, malheureusement, lié dès la naissance de son mythe à la tragédie de Perséphone et du personnage dramatique des « Métamorphoses », c’est parce que sa pureté a dérangé quelque part la morale des hommes, et la psychanalyse, en mauvais (e) élève de la mythologie, est venue en faire une image plutôt brutale du regard que l’homme voudrait donner de sa profondeur.

Merci infiniment aussi de votre élégante invitation au voyage dans cette mémoire éloignée des guerres puniques, que je perçois devenir miraculeusement sous votre plume une mémoire plutôt allégée par la construction de ponts en Méditerranée, par la création de dessins égayant le regard et le goût par la saveur des sucres des raisins d’Izmir et par l ’AIR, combien AIR enivrant de votre poésie, qu’alourdie des pas des éléphants d’Hannibal qui trituraient tout à leur passage en Méditerranée.
Si Baudelaire avait imaginé combien les voyages des poètes du vingtéunième siècle amuseraient la plume et donneraient l’envie de transgresser les limites les plus inimaginables du savoir, il aurait appelé les mots par leurs propres signifiants et aurait splendidement mis à la place de " Luxe, calme et volupté " le terme combien idyllique de "CHYPRE".
Le premier Avril ne serait –t-il pas aussi, comme le narcisse, un emploi tordu de l’esprit du mot qui ne croit pas toujours à la parfaite générosité du mot ? Car aujourd’hui il me fait preuve, contre toute preuve poissonneuse, d’une grande sincérité de la douceur de son eau!

Amicizia
Mahdia

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