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02 février 2011

Commentaires

Dans Le Monde des livres de ce 10 novembre 2006, un article remarquable de Patrick Kéchichian : «Celan, lettres de l'ultime combat».
Il y évoque à propos du livre : Correspondance (1965-1970) de Paul Celan et Iliana Shmueli cette amitié qui les a liés jusqu'au suicide de Celan et les bourrasques noires de l'Histoire et de leur histoire qui ont dévasté leur vie. Cet article donne encore plus de prix à ce poème bouleversant que vous avez mis en ligne, Angèle, à cette petite main qui "si tôt a lâché"...



Poème de rêve, nouveau monde pour moi que cette poète-là, et véracité de l'écho qui résonne en moi aux mots sa correspondance citée, tout ce que tu offres là, Angèle, me parle. Que j'aime venir déguster le monde sur Terres de femmes...



@ Christiane
Merci, Christiane, pour votre vigilance généreuse. Ce papier de Patrick Kéchichian est très éclairant et fondamental pour une approche et une lecture renouvelée du poète. Oui, le poème d'Ilana Shmueli est bouleversant, qui tient en quelques mots et suggère davantage qu'il dit.

@ Martine
Martine, je suis heureuse, vraiment, de partager avec mes lectrices mes propres découvertes.



Entre EJOUISSEMENT et FOL AMUSEMENT, le traducteur passe du jouisseur adulte au guilleret(ette) de l'enfance et nous fait jouer à la marelle dans cet espace aveuglant de blancheur du (de la) poète.
Mais n'est-ce pas pour restituer au poème, en plus de sa féminité, son enfance (féminine d'abord, puis mixte) qu'il vient redessiner à la craie son dessin, poser les a priori du calcul et lancer sa pierre.
Ce jeu d'enfance est magnifique et celui que réinvente pour nous le traducteur l'est plus !
La marelle ici n'est pas que jouée mais aussi chantée, et elle n'est pas uniquement chantée individuellement mais collectivement du moment que le parfum de la violette devient pluriel en relançant le caillou. Les violettes secrètes nous rappellent tout de suite, mais au sens le plus distrait, " A l'ombre des jeunes filles en fleurs" de Proust, mais le traducteur des Grimm n'est pas venu jusqu'à Ilana Shmueli pour lancer ses dés au hasard, comme nous le fait croire dans un amusement pourtant très cartésien Mallarmé.
En passant du noisetier au coudrier, il nous restitue, à travers le rêve devenu pluriel, les légendes endormies dans les mots et fait rejaillir cette belle image de l'arbre magique dont il choisit les"baguettes magiques" au lieu des "bâtons des sorciers" à travers "les petits doigts brun-verts sur l'écorce râpeuse". C'est pourtant le poète qui crée tout ceci, le traducteur n'y est que le joueur à la marelle.


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