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12 février 2011

Commentaires


[OT- Off Topic]

Même si ça n'a rien à voir... Je t'offre :

Pudeur de la lecture (Yves Ravey, Essais, Les Solitaires Intempestifs, 2003, page 15).

"Ma mère ne me touchait jamais. Elle tendait un roman. Elle me donnait l'occasion de lire en m'autorisant à marcher dans la ville, d'une rue à l'autre, puis en direction de la bibliothèque paroissiale, une ancienne cure. Je cherchais dans les rayons qui ressemblaient à des décombres à cause du désordre, parmi les couches de poussière accumulée, des résidus de texte sous couverture rigide, des séries incomplètes, je cherchais de quoi oublier les rues de la ville, ma mère. Je me mettais en quête d'un endroit où enlever mes vêtements. Comme tu enlèves tes habits sous un saule au bord de la rivière en plein été avant de te mettre à l'eau. Je voulais exposer mon corps sans être vu. J'inventais la pudeur.
Je cherchais dans les romans des corps exposés, j'entendais des voix sauvages. Mon esprit se mettait à nu, j'étais perméable aux chants du texte. Je me déshabillais en pensée de la même manière que ma mère se changeait avant d'aller au cimetière, dans un endroit abrité du regard des enfants. Je me logeais moi-même dans cet endroit caché qui était un livre."



D’Art ose mélodie
Qui semelles à flot
S’antre d’horizon
En l'écho originel

Bien à vous et merci pour votre partage.


"Chaque mot est une blessure du temps
Le monde se tait :
il cicatrise peut-être ?
Nous avançons vers le déchiffrement
d'une énigme sans début ni fin.
Le poème ne consolera plus
Le poème nous rappelle
l'origine
fatale mais vivante ."
(Ce qui écoute en nous, p. 41).

Merci .


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