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02 janvier 2011

Commentaires


Quelle lectrice vous êtes, Angèle ! Je reçois toujours vos notes de lecture comme un coup de poing dans le ventre ! Vous avez une intuition sidérante pour entrer dans la chair d'écriture de l'autre. Ici, ce bonheur qui fuit entre les doigts comme de l'eau. ça fait frissonner la mémoire triste des souvenirs. Vous goûtez les écritures comme une peau et on se trouve entraînés à couler dans le livre qui deviendra désir. Les auteurs qui vous confient leur livre ont de la chance...
A propos d'écriture, je reviens sans cesse à Tombelaine. Ce poème que vous avez mis en ligne le 1er janvier, m'étourdit. Mais là il faut que je retourne au livre que je suis en train de lire avant que sa musique ne s'échappe...
Votre site est ensorceleur. Difficile de s'en écarter trop longtemps !



Contrairement à l'homme-poète qui affronte souvent les dérives du monde en mettant en avant sa poésie, la femme-poète met derrière elle sa poésie pour la protéger, car elle est l'unique abri contre sa dislocation, et affronte plus que l'amazone mythique, sans bouclier ni flèches et arc, le mal qu'elle subit.
A lire ce qu'écrit Isabelle Baladine Howald, comme celles qui l'ont précédée, ce n'est pas du mot contre mot qu'elle fait mais du corps à corps.
Les mots ne peuvent rien devant ce corps qui sort de son équilibre, désordonne son mouvement et perd sa stabilité.
Ni debout ni assis, ni couché, trompe le mot, trompe la vie et affronte la mort de l'Adieu même pas en argonaute mais en être désarticulé.
Disséqué est le corps de cette femme, qui crée les aubes les plus douces et donne en permanence naissance à la vie, à laquelle tous les mots du monde ne peuvent rendre son harmonie.
Reste que se munir d'amour et de poésie, dans un monde sali par le départ et souillé par l'oubli, est le principe de la femme-poète qui survit jusqu'à des restes de ses organes. Mais quand le mot du poète a mal, le soleil n'a pas le droit de se lever !




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