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31 décembre 2010

Commentaires


Est-ce la princesse Hélène, de sa tombe sur son îlot rocheux près du Mont-Saint-Michel, qui nous raconte ces mots de légende chargés d'effluves subtils, mystérieux et vagabonds ?
Quoi qu'il en soit, qu'il est agréable en ce premier jour de l'année de se laisser emporter par ce chant de sirène, ces vagues haletantes et la neige qui tombe aux crêtes sous le vent. Merci.



Cette chanson me rappelle les odes de Desnos dans sa période post-surréaliste.
Très fluide, au rythme des rêveries contemplatives de la solitude émerveillée.



Un poème aussi audacieux au niveau de l'ensorcellement qui devient vie, je n'en ai jamais lu. Dire que le poète est le magicien du mot n'est pas assez car la magie crée le choc, l'emportement de l'instant mais ne fait pas pénétrer cet instant dans la continuité de la vie. Mais Angèle Paoli réveille le mot à la vie et l'y mêle, l'y associe, le rend vivant.
La légende de Tombelaine fait partie de la vie, mais au-delà de la vie, le mot poétique tisse sa laine et crée dans la légende les mille facettes qui la réveillent ici et là et la rendent source de vie du mot.
Tombelaine file le mot le plus éclatant, marie tel blanc avec tel autre, fait couler le lait pour chevreaux nouveau-nés, se métamorphose en Tombeneige, Tombenuage, dépasse toutes les légendes et s'en va chanter dans la route du mot qui ne connait pas de station.
Et cette liaison entre la laine, la neige, le nuage et le lait tété n'est-elle pas à la limite du merveilleux ?
Ah ! quel beau régal esthétique ! pour un premier jour de l'an, ce n'est pas n'importe où que l'on déguste hautement diététique !



Je découvre ce texte "en retard" (en retard sur quoi, je ne sais pas!). Il me laisse sans voix, ce qui n'est pas sans paradoxe concernant un chant au sens plein du terme, incantatoire, rythmé, aux images fortes et sensibles, bref conquise... puis surtout, surtout, l'évidence de la réussite réside en ceci : la musique d'accompagnement éventuelle de ce texte s'impose, se fait entendre naturellement, si cette idée toutefois ne dérange pas Angèle... un peu à l'instar d'Hugo : "défense de déposer de la musique au pied de mes vers!" Cela serait étonnant, d'autant qu'Hugo on le sait n'était pas à un paradoxe près puisque, passant en revue, nation par nation, les poètes depuis l'antiquité, il retient Homère bien sûr, puis Eschyle pour "le plus grand hellène", Isaïe, pour le plus grand hébreu, Dante pour le plus italien, pour le plus grand romain, ce sera Juvénal, Shakespeare en Angleterre, puis en Allemagne, je vous le demande... "le grand (poète) allemand, c’est Beethoven" !
Les rapports entre poésie et musique sont infinis, sans doute parce que présents dès l'origine... passionnant en tout cas, et ce texte - j'y reviens - est superbe.


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