« Alain Freixe | Septième pas | Accueil | Laurent Grisel, Un hymne à la paix ― Voix de femme »

12 septembre 2010

Commentaires

Bonjour,

Votre article m'a particulièrement intéressée car vous êtes la seule - me semble-t-il - à avoir pointé l'étrangeté du protagoniste féminin, un personnage d'épouse désincarné qui s'inscrit surtout dans ce roman en tant que symbole.
"L'amour d'une Pietà pour son fils crucifié", oui, et ce personnage m'a renvoyée à des références picturales ainsi qu'à la Marie-Angèle de Balco Atlantico.
" Du côté de l'amour, donc, point de salut !"
Votre conclusion - un peu malicieuse - n'est-elle pas trop hâtive ? Car, tout comme dans ses précédents livres - dans Aleph zéro et Dans le secret particulièrement - , le propos de Jérôme Ferrari sur l'amour, plus complexe, s'écrit également - et peut-être surtout - en creux. Cet auteur ne souligne-t-il pas plutôt l'incapacité masculine* à accepter l'amour offert, ce qui est un peu différent ?
*et je ne disserterai pas sur le fait de savoir si cette incapacité est plus masculine que féminine, ni si elle est spécifiquement corse !


Je n'ai pas réagi immédiatement, comme j'aime le faire, car cette note de lecture est grave et lourde. Respect pour le livre lu et pour ce billet précis, intime dans son questionnement, solitaire, méditatif, douloureux. Comme un témoignage. Vous effaçant pour retrouver. Constamment écartelé entre l'ignoble (la torture) et la fragilité d'une conscience déchirée, un cri dans le silence. Une interrogation : comment est-ce possible ? Une écriture obsédante (Ferrari) pour évacuer la honte ? pour imaginer que ça aurait pu être autrement ? C'est un livre écrit sur le silence de cette guerre-là, happée par le silence mais le passé est toujours présent. La guerre d'Algérie et son cortège de corps brisés, salis, baignant dans le sang et la honte d'avoir fait ça. Le livre et le billet se répondent. On ose à peine entrer, se sentant importun. On a envie de vous laisser tous les deux entrer dans ce presque insaisissable, dans ce lointain maintenant déchiffrable.
Votre note de lecture porte en creux ce livre essentiel pour approcher ce combat entre le bien et le mal (absolu) dans l'homme. Rien n'y est négligé. Il est beau et profond, limpide et acéré. C'est une grande étude littéraire, un moment d'écriture où vous vous êtes oubliée (poète) pour l'accompagner, fidèlement, dans ce questionnement douloureux et difficile.
Où est l'humain dans l'homme ?



Je tiens très modestement à dire que je découvre Jérôme Ferrari avec Dans le secret et que c'est un choc littéraire que je peux qualifier de violent : dès la première page, ses phrases, ses mots, le sens qui en sort sont d'une intensité et d'une richesse absolument rares. On pourrait extraire des dizaines d'aphorismes originaux et puissants.
Je le termine bientôt et j'aurais bien des choses à exprimer mais pas avant d'avoir bien lu vos articles et ceux d'Emmanuelle Caminade.
Amicalement.



Hé bien,chère Denise, nous découvrons chacune Jérôme Ferrari à travers des textes différents. Emmanuelle Caminade, elle, semble avoir une bonne connaissance de cet auteur dont elle a quasiment tout lu ! Nous allons compléter nos lectures. Mais je pense déjà que Jérôme Ferrari a bien des choses à dire et qu'il a beaucoup de talent pour les dire ! Cela me permettra aussi de me faire une idée plus précise de la perception qu'il a des femmes. Un sujet qui m'intéresse tout particulièrement.
@ Christiane: il faut absolument que vous lisiez ce livre !



LE SAMEDI 9 OCTOBRE 2010 à 16H00

rencontre pour une lecture/dédicace d'Où j'ai laissé mon âme (Actes Sud, 2010)

Librairie l'Escale Littéraire
120, boulevard du Montparnasse
75014 PARIS
M° Vavin ligne 4 - RER B Port Royal
Parking Montparnasse Raspail


__________________

LE JEUDI 14 OCTOBRE 2010 à 18h30.

La librairie Point de Rencontre (Bastia) et l'association Detti è scritti recevront Jérôme Ferrari à l'occasion de la parution de son dernier roman (Où j'ai laissé mon âme)
Causerie, dédicace, apéritif.


L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.