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08 avril 2010

Commentaires


Je n'ai pas encore le livre, mais ton texte me donne le goût de lui faire rejoindre mes terres de lecture qui sont aussi mes terres mentales. Le thème de la mort de la mère est central dans mon rapport aux mots , à la vie bien plus qu'à l'art, même si ce dernier constitue l'enveloppement possible de toutes les brûlures inhérentes à la vie écorchée vive de tout un chacun, à des profondeurs diverses. Il est indispensable, lorsqu'on écrit, de se décentrer de son propre cas de filiation pour envisager d'autres manières de lire et relire le lien, dans une lucidité et un tact qui seuls permettront peut-être une certaine qualité d'apaisement, au moment unique ou qui parfois s'éternise , de la séparation. Hélène CIXOUS avait déjà écrit un très beau livre à propos de son père, je te l'avais signalé, il y était question d'une boite conservée par le frère je crois,elle contenait des lettres et avait servi de point de départ à une réflexion très émouvante. Je trouve complexe l'écriture d'Hélène CIXOUS à bien des égards, mais dans ce type de livre, elle est plus accessible à mes yeux. Peut-être fait-elle partie de ces auteurs dont le travail sur la langue appartient à une alchimie tellement personnelle qu'il faut le geste et le théâtre pour la traduire en langage visuel. L'amour extrême pour quelqu'un d'autre que soi, redoublé par le lien de chair biographique nous tient souvent dans un statut de prisonniers se révélant être leurs propres geôliers... La déchirure, la diffraction et l'effacement des motifs du tissu de mémoire ne deviennent indolores qu'au bout d'un très long temps. Effleurer du doigt la cicatrice du nombril se fait à des moments précis de l'existence, moments que l'on ne choisit jamais vraiment, sauf peut-être dans l'écriture.


Je reviens son ton commentaire, MTH, que je trouve à la fois profond et très beau. Je te retrouve là, complètement, dans ta capacité à dire et à élaborer une pensée en partage avec l'écriture de l'autre.
Peut-être, depuis, t'es-tu approprié ce livre difficile mais indispensable, qui s'impose par son écriture, à la fois recherchée, inventive et répétitive, comme les menus gestes quotidiennement répétés de la vieille dame. C'est un très grand texte qui ouvre de multiples voies à la réflexion.
Admirable la patience d'Hélène Cixous à l'égard de sa mère dont je ne sais plus au final si elle est toujours en vie ou non, mais qu'importe. C'est un livre à méditer, sur le grand âge, à lire et à relire sur l'inextricable relation mère-fille!

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