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21 octobre 2009

Commentaires

"J'assiste à ce dont je me souviens". Quelle extraordinaire perception du cheminement étrange de la mémoire en nos pensées. Notre langage est dépendant d'un effritement du réel et de nos refus de savoir l'avant de nous. Cette pensée forte est ancrée dans une langue superbe que j'ai plaisir à retrouver, ici.

"Ce que l'eau efface tombe dans le pouvoir de la lumière. Le bois est marqué, vulnérable, calciné... à présent que je vois derrière la vitre d'un musée, me revient en mémoire la carcasse..."

En ce qui me concerne, de "la chaise" d'une vie où la mienne fut portée en assise, je vois par-delà l'écorce d'Alzheimer...
je sublime la carcasse de l'arbre que je discerne sans pouvoir prendre assise !
Car je logerai toujours dans l'ombre portée du jour sans pouvoir argumenter l'obscurité !

Ecrire mon poème personnel ne consistera jamais qu'en cela...


"l'arbitraire des détails" et leur charge émotive, toute la littérature est ici résumée... Antonella Anedda n'a pas fini de se faire traduire... Elle pose les mots où ça rejoint les bords du sommeil volontaire. Peux-tu nous traduire le titre et le commenter ?



« Ritagliare » signifie littéralement « découper ». C'est aussi le titre de la première partie de La vita dei dettagli (La vie des détails), ouvrage qui en comporte cinq. Dans son introduction, Antonella Anedda explique son projet d'écriture. Il s'agit ici, non pas de commenter un tableau, une peinture. Mais de dégager de certaines toiles un détail et d'en faire en quelque sorte le sujet d'une nouvelle œuvre. Ainsi le détail, retaillé par le regard, séparé de sa gangue d'origine, se charge-t-il de sa vie propre. S'intéresser aux détails d'une œuvre, c'est les laisser vivre à leur rythme, indépendamment de la peinture à laquelle ils appartiennent; c'est les confronter à la liberté. Une liberté qui passe par la transgression de celui qui s'attarde, interroge la part secrète, imperceptible d'une œuvre d'art.

Chère Mth, je n'ai pas encore eu le temps d'explorer ce petit livre très précieux, dont j'aimerais prochainement partager avec mes lecteurs(rices) toute la densité et la profondeur. Mais j'en goûte déjà, fragment après fragment, la saveur mystérieuse.


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