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20 mai 2009

Commentaires

Irrésistiblement, je pense à Queneau
VI, Bibliothèque de la Pléiade, page 107, L'instant fatal :

"L'encrier noir au clair de lune
L'encrier noir au clair de lune
au clair de lune l'encrier noir
au clair de lune l'encrier noir
au pauvre poète a prêté sa plume
au pauvre poète a prêté sa plume
il fait un peu frais ce soir
au clair de la lune un encrier noir
sur le papier blanc a couru la plume..."



Plus chant filé à la Tzara qu'exercice de style à la Queneau (assez banal il faut le dire, même s'il est signé Queneau). Un texte d'une grande sensualité sonore (et musicale) qui parle à celui qui le détisse et le scande à haute voix...


D'autant que j'ai filé ce texte sur le pouce, samedi l'autre, temps de répétition géorgienne, au dos des feuilles de chants dont nous égrenions les syllabes. Aux fenêtres les rideaux mouvants aux coquelicots ; sur le buffet, les oeufs au chocolat noir de Pâques, et, assise parmi nous, Christiane qui croquait, silencieuse, la statuette d'Afrique, ornement majeur de cette symphonie d'un après-midi de partage.

Bien à toi,"Lémurien" sommeillant de Genève.



J'ai Gherasim Luca dans l'oreille, sa tranche de langue, sa torture du mot...
(mais évidemment, chez toi, c'est plutôt frottements et caresses, la langue plantée dans l'or brut des terres)
Amitiés Angèle

On peut écouter Gherasim Luca ici



Johal, merci à toi pour ta belle lecture, sensible à la corporéité de mon texte, travail sur les mots et les associations d'idées.
En réalité, je cherche sans savoir jamais, au juste, ce que je vais trouver sous l'archet.


La liberté des associations c'est magique, serein, sensuel, ça se goûte, et même "filé sur le pouce", c'est une soierie dont on s'enveloppe.
Frederique


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