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02 avril 2009

Commentaires


Très étrange ce Casanova dont la vie (traduite ici, passionnément, par vous), laisse une drôle d'impression, une sorte de tristesse, une indifférence aux aléas de ces vagabondages mystérieux. Même ces nuits d'amour effrénées semblent l'avoir seulement distrait, un moment.
C'est une vie en noir et poudre, capes et masques, une vie de paradoxes. J'ai aimé relire cette page somptueuse, que vous mettez en lien, sur la méditation de Fellini donnant un accent tragique et mythique à son Casanova.
C'est une écriture de solitude qui, curieusement, me lance sur Pétrole de Pasolini. Une danse macabre avec l'absurde, le sexe et la noire faucheuse : aimer comme on se tue... C'est un auteur étrange que vous nous contez là, Angèle, mais je vous sens attirée par ces vies en abysse... Rien ne vous fait peur...



Angèle votre traduction m'épate... je vous ai créé ma version du Casanova de Fellini http://www.sylvainevaucher.com/Stars.html>ici.
Elle sera en ligne jusqu'au lundi 6 avril.
Bon dimanche et ne jouez pas trop à la poupée !



=>Amour et mort, Christiane, ce sont les deux versants d'un même visage. Mais cela a toujours été. Même au Moyen Age (Tristan et Iseult). Décidément, plus j'avance en âge et en expérience et plus le XVIIIe siècle me fascine, sans doute parce qu'il a octroyé aux hommes et aux femmes de ce temps (Casanova/Merteuil/Valmont/ Sade) la possibillité d'aller jusqu'au bout de leurs passions, jusqu'à en mourir, justement. Mais avec élégance et hauteur. Sans aucune vulgarité. La philosophie de Casanova est d'une prodigieuse modernité et sa façon de voir les choses de la vie, me réjouit davantage qu'elle ne me déprime. Je le trouve très grand, jusque dans ses désordres ! Il est tragique, comme chacun d'entre nous, sans doute, mais avec noblesse, avec talent !

=>Merci, Sylvaine. Donald Sutherland est un acteur prodigieux et Casanova et lui sont faits pour se comprendre, s'adopter, s'aimer, se fondre l'un dans l'autre. Et Fellini a su capter ce qui, dans la personnalité de Sutherland, lui permettait de révéler la personnalité lumineuse et sombre de Casanova. Tous ces génies rassemblés contribuent à l'élaboration d'un mythe qui est l'aboutissement du mythe, tragique et magnifique, de Don Juan.



Jankélévitch - La mort
"A la fin de l'admirable suite des Goyescas (2) que Goya inspira à Granados, la Ballade de l'Amour et de la Mort se termine par la mort du "majo" ; et tout s'achève sur la Sérénade du Spectre, qui disparaît en pinçant les cordes de sa guitare... En vérité l'amour est à la fois plus fort et moins fort que la mort, il est donc aussi fort qu'elle. Ou plutôt c'est la conscience qui est forte comme la mort : car la conscience survole la mort, au lieu que l'amour proteste contre elle. Dans le combat indécis d'Amour vainqueur et de la Mort triomphante, la victoire de l'amour est souvent la victoire d'un vaincu. L'amant est parfois fidèle jusqu'à la mort inclusivement : mais il meurt. Et en ce sens au moins, le Toujours de l'amant ne tient pas parole. Il n'y a que la mort qui tienne toujours parole. Pourquoi se griser avec cette ambroisie de l'amour ?"
(2) Goyescas, 2e partie de Los Majos Enamorados : V, El Amor y la Muerte.


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