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16 mars 2009

Commentaires


BOULEVERSANT... Quelle déchirure et quelle beauté... Gorge serrée par l'émotion... Ce souffle, mon dieu, ce souffle...
J'ai traversé l'écriture et la vidéo en apnée... jusqu'à l'inversion de la lumière en nuit... de la respiration en mort... les mourants se souviennent qu'ils ont été poissons...
Mon merle a trouvé...
A vous deux un ciel de plumes et d'étoiles vigilantes



Non, il ne respire plus. Je lis là un discret et émouvant hommage. Et si je me trompe, ce n'est pas grave, cela m'a fait plaisir et du bien de lire ces mots si forts.



Oui. Angèle.

C'est dur à lire, ce texte, pour moi. Je le lis aussi en retenant, malgré moi, ma respiration ; et, en ce moment, il me faut de grandes inspirations pour ne pas passer mon temps à suffoquer. Je n'ai pas encore regardé la vidéo. Je n'y arrive pas.
De l'avant. Allons.

Je me permets de vous embrasser.


Merci de vos mots, mes amies, si forts, si denses.

J'ai une grande tendresse pour Béatrice, pour ses textes, si purs, si vrais et si beaux. Je la sens douloureuse, habitée par ces douleurs inguérissables qui perdurent dans les mousses des fibres. Moi qui ai longtemps souffert du manque d'air, avec la poésie de Béatrice, je respire. Elle ouvre les portes à l'écriture.

=>Pour Alistrid, particulièrement : Mon père est mort très jeune. Le dernier été de sa vie, je l'emmenais respirer sous les ombrages. Il suffoquait lui aussi. L'air lui manquait. Il était sans cesse au bord de l'étouffement. Ses poumons étaient devenus ligneux. J'ai mis beaucoup de temps à accepter la mort de mon père. Le film de Bérénice me parle de lui en profondeur. Il me bouleverse, bien sûr, mais la voix de Béatrice me procure un grand apaisement.
=> Oui, Pascale, tu as raison. Cela faisait un moment que je souhaitais mettre ce texte de Béatrice en ligne, mais le déclencheur qui m'a conduit à faire cette mise en ligne ce jour-là, il est bien lié à l'actualité.


Chère Angèle,
Vous dites de Béatrice Bonhomme que vous la sentez "douloureuse, habitée par ces douleurs inguérissables qui perdurent dans les mousses des fibres." Et en effet le texte qui est ligne est pour le moins parfaitement révélateur de cette mélancolie psychique consécutive à quelque traumatisme bien réel probablement… mais j’ai eu l’occasion de lire dans sa Revue Nu (e) en ligne un texte qui évoque une toute autre facette de Béatrice Bonhomme, femme sensuelle indubitablement, attentive aux parfums, troubles et effluves de lieux maritimes … univers qui vous habite aussi …

Le voici:
___________________ Le Dessaisissement des Fleurs

la femme vient de la mer
et garde le goût de son
sexe

l’amour de la mer
et crée l’odeur des
embruns

la grande marine
aux marées basses
dans la chevelure des
varechs

la chevelure de la femme déposée sur le sable
des plages

__________________Béatrice Bonhomme

Amicizia
Guidu___

Le ciel a un vide d'expression
Au fond des yeux qui se taisent
Pour marcher au pas du silence
L'absence ne se referme pas
Défiée à fleur de sel
Elle s'oublie
Aube acérée crépuscule
Sésame et légende
Fusion pérenne avec la vie
Calvaire enchanté
Le granit est rose
Si le sang a coulé
Mille et une nuits
Animent le jour
Mille et un OUI
Peints à fresque
Créent un massif de pivoines
Sous l'arc-en-ciel

Une caresse d'âme bourgeonne sur la blessure.

MCT - Fleur de sel

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