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13 mars 2009

Commentaires



ça me plait. J'ai envie de relire Paul Morand. J'ai des livres de lui, dans ma bibliothèque, en attente de moi. Je fais durer le plaisir... il semble aimer ça, Paul.
Merci Angèle. C'est toujours un plaisir de vous lire. J'interviens peu. Les autres le font mieux que moi. Surtout Christiane, qui se débrouille fort bien.

Merci pour le réconfort.
A. (en perte de vitesse)



Ce texte est d'une grande finesse, mais voilà... c'est Paul Morand...
En 1967, il écrivait à Jean Denoël ces lignes anxieuses :
"J'aurais tout de même bien aimé savoir ce que je fais sur cette terre, qui j'ai été, qui je suis. Mais je me perds dans la foule, la foule des moi."
Que de contradictions de beauté mais aussi de lâcheté dans cette vie. Son attitude durant la Seconde Guerre mondiale et sa proximité avec le régime de Vichy, les années troubles qui ont suivi... L'exil... Tous ces pays traversés et le poids de l'exil...
Mais aussi Proust qui sonne chez lui cette fameuse nuit en 1915, leur amitié profonde, sa proximité avec des peintres, des musiciens (Rodin, Gounod, Massenet, Camille Claudel...).
Ses livres, magnifiques, ses chroniques brillantes...
Hélène Soutzo qu'il épousera et près de qui il repose à Trieste, cet amour si grand qui l'arrachera à ses amantes éphémères...
Alors ce texte de virtuose je le lis avec un petit pincement au coeur quand je pense au destin de cet homme si complexe, de ce grand écrivain qui ne fut pas un grand homme à une certaine période de sa vie...
J'aurais aimé le lire sans connaître l'auteur et juste me ravir de ces lignes ciselées mais je n'ai pas réussi... Désolée, Angèle, d'être ce soir un éteignoir.



Vous êtes émouvantes toutes les deux, chacune à votre manière ! Alistrid, je suis heureuse de vous lire, après tout ce temps de silence, heureuse de vous voir rebondir ici, derrière la porte et le verrou !

Je ne me sens ni éteinte ni atteinte du tout, Christiane, rassurez-vous ! Je comprends votre réaction. Les hommes ne sont pas toujours à la hauteur de leur talent d'écrivain ! C'est même un cas fort courant ! Moi, cette page me ravit et j'y sens fourmiller mille choses qui m'en évoquent mille autres. Alors, je cède au plaisir de la lecture. Mon péché mignon ! Dominique Desanti s'est bien laissé séduire, elle, par le "séducteur mystifié", autrement impliqué !!






Ce texte a son miroir inversé : Le Verrou de Fragonard ! Il est très... polisson... et je comprends qu'il vous amuse...



--"Venise, pavé glissant."
Trois mots, et tout est dit. Il avait cela, Morand: l'écriture comme une cravache. L'essai, la nouvelle furent ses armes: quand ça claque et crépite. Il ne fut guère à l'aise dans le roman, forme longue. Saisir Morand ? Regardez ses photos: il ne regarde pas. Saisir, donc, arrêter un instant sa figure d'homme pressé. Figer quelques secondes le passager d'un siècle né d'un puzzle presque irréalisable: l'écrivain prodige, le dandy courtois, le voyageur infatigable, l'homme amoureux, le collabo de Vichy...

Sa Venise dans "Venises", dédale de ruelles étroites qui renaît rose après la pluie, lui sembla une possible demeure du coeur. Venise qui a résisté à tout et qui se noie quand même --"C'est peut-être ce qui pouvait lui arriver de plus beau"; Venise où Proust courait désespérément après sa mère, où Morand courut désespérément après lui-même. Il s'y retrouva parfois: au café Florian, par exemple, assis sous le Chinois ; au creux de la place Saint Marc, aussi, lorsqu'en 1937, les Vénitiens réclamaient la lune contre la politique des néons.

Vers ses dernières années, Morand s'avoua "décharmé de toute la planète, sauf de Venise" et s'en alla quand même rejoindre sa Princesse Soutzo* sous la terre de Trieste, ultime trahison. "J'ai aimé vivre une fois, disait-il. Je n'aimerais pas recommencer."

*Cocteau disait d'elle qu'elle "ressemblait à Minerve qui aurait avalé sa chouette."



Le premier que j'ai lu fut Milady... et le second L'Homme pressé qui me semble-t-il a été porté à l'écran. Et après je suis devenue un peu plus folle... mais la "duchesse" n'est pas encore morte, et le relire en me dépassant serait une bonne alerte pour mes souvenirs.



Fabian,
vous donnez à entendre une douleur de cet homme dans son "puzzle" éclaté qui conduit à s'interroger sur le mystère intime de toute vie, merci.



Je me suis maintes fois rendu à Venise, mais j’ai renoncé à y faire des photos !
En effet beaucoup d’autres en ont fait de magnifiques … et pas seulement pendant le carnaval, mascarade pour touristes … mais à Venezia, ville pas si endormie que ça …
Vous en jugerez vous même en admirant la collection de:
La Gondola, Circolo Fotografico Venezia

Amicizia
Guidu____




Merci, Guidu, de cette promenade humble dans la beauté des créations des autres. Quelle photo auriez-vous aimé saisir à Venise ? Un mur, un visage, un reflet, un silence, des mythes ?


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