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24 septembre 2008

Commentaires


Non seulement j'entends le lamentu du clocher... mais j'entends ta voix, lente griffée, mordillée, éraillée par l'émotion. TOI, égrenant ces mots à l'écrit, dans l'exacte tonalité synchrone d'une conversation orale. Le clocher est tout près, et la mer le rembarre. Elle n'a que faire de ces chagrins qu'elle archive violemment lame après lame, comme pour faire taire une plainte qu'elle sait indélébile, de toute éternité... MAIS, la conjuration et la malédiction sont des soeurs siamoises qu'aucune religion ne peut éradiquer. Le besoin de croyance est vital. La religion ressemble à la mer. Elle s'agenouille ou se prosterne pour tenter de noyer sans repentir certaines vérités. Celle de la mort surtout... Je pense à ces femmes... Je t'embrasse.


Merci à toi, Mth, de te joindre à nous, par l'esprit et par le coeur.
Tu étais présente, toi aussi, hier, sur cette même route que nous avons prise ensemble, un jour de juin. Une brume intense recouvrait la mer, montait lentement jusqu'au clocher pour l'étreindre dans sa ouate. Ce jour-là, montagnes et côtes flottaient, comme gagnées par l'apesanteur ; et nous chantions et riions de voir la brume nous prendre, peu à peu, dans ses méandres.
Le temps tire ses fils et nous enserre dans sa trame. Ici, vie et mort se mêlent dans la même beauté et dans la même grandeur.


Angèle, la lecture de tes textes m'insuffle la sérénité de qui sait prendre le temps de voir passer la vie.


Un beau jour, dans les toutes premières années du XXe siècle, ma grand-mère prend le train de Marseille vers Toulon pour aller montrer son beau bébé (mon oncle) à son grand-père, natif de Corte. Une fois arrivés, l'enfant montre des signes de forte fièvre. Il va très mal. Le grand-père intime à la jeune mère de le laisser faire et il récite la "prière de Noël" (huile, etc), convaincu qu'on "a jeté un sort à ton petit dans le train. Demain matin tu repars, tu ne dois pas rester". Ainsi fut fait. La jeune mère est rentrée chez elle avec son enfant rétabli. Cette histoire de malochju est restée dans la famille. Mon oncle a vécu jusqu'à 80 ans et il rigolait quand on la racontait... Que serions-nous sans nos traditions, ces mystères qui nous attachent à notre terre, à nos anciens ?
Amicizia
Christiane


Chère Angèle,
L'appel plaintif du clocher m'a ému. Il est bâti comme le monde : il va et assomme l'un d'entre nous au hasard de l'heure. Lorsque j'ai perdu mon père, ses amis de Vivario ont fait sonner le glas.
Je vous dis mes amitiés,
Thierry


Bonjour, Thierry, à mon tour d'être émue par votre témoignage. Les Corses sont fidèles en amitié et ils en savent le prix.

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