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17 juillet 2008

Commentaires


Le seul poème_____

Voici le seul poème
que je peux lire
je suis le seul
qui puisse l'écrire
je ne me suis pas tué
quand les choses ont mal tourné
je ne me suis pas tourné
vers la drogue ou l'enseignement
j'ai essayé de dormir
mais comme je n'ai pas pu
j'ai appris à écrire
j'ai appris à écrire
ce qui pouvait être lu
dans des nuits comme celle-ci
par quelqu'un comme moi

Leonard Cohen, 1966 _____

Beautiful Losers (Les Perdants Magnifiques)


Grazie molto!
Guidu___



Tous les bonheurs réunis... Cette première publication des éditions Terres de femmes et les mots de Leonard Cohen...


Mille bravos, tu es décidément très prolifique!
et le livre semble de toute beauté,
qui me parle dès sa préface
de lieux rencontrés
les chants fruités et imprévisibles des villages perdus dans le Sahel
la douleur impressionniste du sable porté par l'harmattan
le tam-tam des dunes en arrivant à Ténéré
...


Très chère Angèle,

J'ai reçu Lalla... Il est devant moi. Merci, merci, chère Angèle. C'est un livre magnifique. La couverture, le papier, la mise en page, ce si bel objet rend justice à la beauté et à la force de votre texte.
Je suis heureuse de vous avoir rencontrée et de partager avec vous cette aventure.

Cécile



Chaque soir je laisse ma main un instant avant le sommeil sur Lalla....

Une feuille d'or posée à la nuit, sur mon désert, par toi Angèle.
Dans ce récit-poème, une incroyable concordance de vie, de rêves, négociés sous ta plume.
Je sais les battements de ton coeur, les sentiments mélangés au fond de ton regard.

Quant au plaisir que Yves a pris à mettre en forme tes mots... Tous ses choix qui ne doivent rien au hasard, mais à ses talents d'éditeur, pour construire un écrin subtil et esthétique, qui vous lie l'un à l'autre une fois de plus vers une nouvelle aventure : les Editions Terres de Femmes.

Merci du plus profond de moi
Lisa


Mes amis, Guidu, Pascale, Viviane, Cécile, Lisa, quelle belle aventure, en effet !, et quelle fierté de la voir prendre corps sous les traits, insaisissables pourtant, de Lalla.
Un grand merci à vous tous qui contribuez à donner corps et sens à cette aventure.


Ma che magnifica notizia, la prima pubblicazione TdF che abbiamo tanto atteso.
Le mie più sincere congratulazioni, non vedo l'ora di leggerti cara Angèle.
Un abbraccio estensibile a Yves e a Guidu... brindo con voi! :-)
rita


Un palimpseste de solitude, qui perce abruptement par la seule volonté d’une femme voilée sous le soleil, glissant dans un paysage de sable, à la fois vraisemblable et retaillé dans l’imaginaire. Il s’agit bien, au vif d’une extrême sincérité, de croiser dans ce texte une « vérité inventée », pour la simple raison que nul n’est jamais longtemps admis à traverser d’amble les dunes intérieures d’une pensée qui cherche aussi vigoureusement sa voix. Le corps ici précède, suit ou poursuit le mirage, il a quitté son sexe et le retrouve dans le geste caressant donné à un enfant qui allaite, à son passage, la voyageuse. La minéralisation qui s’ensuit, peut-être, reprend sens d’abord, au fond des grottes, loin des combats ordinaires, à l’abri d’une lumière trop crue pour être bienveillante. A frôler ainsi les limites d’une résistance prosaïque, meulée au vent et aux sables indomptables, Lalla, silhouette de souvenance, virevolte comme la jeunesse, elle essore dans le désert, une quête immémoriale trépanée parmi ses songes les plus vivants. Noria, puits, ou trou d’eau dans les failles, qu’importe… Lalla exhorte son courage à tenter l’exigence comme le souhaite le poète François Cheng, de « porter la soif, plus loin que l’oasis ». La solitude au bout certes, mais une solitude peuplée en soi, pour soi, offerte aux autres sans compter, comme les grains doux et dorés indénombrables d’une pincée de désert.

Extrait :

Le désir du désert avait repris la jeune femme,
et elle sentait en elle une ardeur inconnue qui la
poussait au-delà, toujours plus au-delà d’elle-
même et de ses propres forces . Elle se mit à
fredonner un air. Il lui semblait que les notes
guidaient sa marche. Peu à peu elle fut prise de
l’impression que chacun de ses pas s’inscrivait
sur une portée, que chaque grain de sable
expulsait un soupir, que le moindre crissement
sous ses semelles de corde lui arrachait une
larme de deuil. Elle se surprit à fredonner de
tendres lallations de son enfance. Lalla se
berçait dans son chant et son chant berçait
sa marche. Elle avançait droit devant elle sans
plus s’inquiéter ni des vapeurs denses qui
surgissaient en tourbillons ni des volutes dorées
qu’elle croyait voir surgir par moments à ras de
terre, et s’évanouissaient sur l’horizon.

________________________

Angèle Paoli, Lalla ou le chant des sables, Editions Terres de femmes, juillet 2008, pp. 30-31.


Grazie per la comunicazione... e grazie ancor di più per questo meraviglioso libro che non ometterò di leggere.
Auguri.


Voilà la lecture achevée... et je ne résiste pas à la tentation de vous écrire quelques mots. Simples et peut-être insuffisants mais je souhaitais vous dire tout de même combien je trouve votre ouvrage magnifique. Sublime de délicatesse dans sa réalisation, original dans son illustration et votre texte, un grand texte. Superbe.
Voilà vite dit, avant de partir à sa relecture.


J'ai reçu et lu lentement le très beau livre d'Angèle Paoli Lalla ou le chant des sables, édité par Terres de femmes. J'ai envie de partager ma joie avec vous tous.
Tout d'abord, le livre. C'est un bel objet. Papier lourd et lisse, belle typographie, signé et numéroté. Sur la couverture une illustration rare, sertie comme un bijou. Vient le moment émouvant de l'ouvrir pour entrer dans ce récit poème. Puis refermer délicatement le livre.
Qu'en dire ? Un long silence, celui qui dure, longtemps, après que l'on a lu la dernière page. Un sortilège est là qui ôte les mots de la bouche.
Puis, ils reviennent lentement, montant d'une sève née de l'écriture d'Angèle Paoli.
Je les laisse venir à vous dans le profond désordre de mes impressions naissantes.
C'est un rêve qui se rêve et qui vous entraîne dans une atmosphère magique, une spirale d'éternité où le temps s'enroule.
C'est l'histoire de Lalla qui ne connaît pas son nouveau nom et quitte la maison de son ancien nom, Sarah, une nuit... juste avant le lever du soleil, "au moment où la nuit se défait"...
Elle marche, sereine et libre vers le lieu de nulle-part. Ce songe l'engendre entre désert et puits, entre grotte et sables brûlants, entre nuit sacrée et jours aveuglants... (indices à la limite de l'effacement ), figure nomade qui va "enfin apprendre à s'appartenir"... Elle marche dans un rêve vers le précipice de l'aube, elle n'existe que par cette marche initiatique... Le temps s'enroule comme dans un éternel retour, elle va dans l'inachèvement de la vie, là où la déchirure des voiles (qui l'enveloppent comme une aura) sera naissance ou mort... Le désert la fécondera dans les lallations de l'enfance où elle berce sa solitude.
Je suis entrée dans la lumière intemporelle de ce livre, dans son inachèvement, attirée par cette écriture blanche, de sable et de vent... J'ai goûté le pain, les figues, le fromage et les pistaches offerts par le jeune pâtre et rêvé...
Merci à Angèle Paoli d'avoir écrit ce récit-poème, à l'imprimeur d'en avoir fait ce petit trésor (et à Feuilly pour avoir inscrit ce blogue dans les adresses à visiter).
Christiane



Oui, un très beau livre-objet que celui-ci où planent l'ombre du Petit Prince et celle de J.M.G Le Clézio. Une réussite.


Le 17 septembre sortira en kiosques le n° 16 de la revue trimestrielle La Presse littéraire consacré à Zola. Est annoncé dans la section « Cahier critique » un papier de Pascale Arguedas sur Lalla ou le chant des sables.


J'ai bien reçu Le Chant des sables, qui m'a d'abord enchantée en tant qu'objet (couverture, rabats, papier, typographie…) et ensuite conquise en tant que lectrice. J'aime décidément votre prose, à la fois lyrique et retenue, et qui possède la vraie simplicité des choses graves. J'aime aussi l'allégorie qui y est racontée, du moins est-ce ainsi que j'ai pris le récit, comme un voyage vers le dépouillement et, comme aurait dit Segalen, l'empire du milieu, le milieu de soi.

Bonjour Angèle,

Lalla est bien arrivé. En ce début d'après-midi, j'ai eu enfin le temps de m'installer tranquillement et de me plonger dans sa lecture, de suivre la quête de Lalla, ce voyage que vous nous faites non seulement partager mais éprouver. Cette lecture me fait penser à la surface d'une eau courante, vivante, aux reflets sans cesse changeants : il me semble que chaque relecture sera unique, trouvera des ondes et des éclats de lumière différents, imaginera d'autres clefs aux mystères dont vous avez parsemé le texte, se laissera bercer par une autre harmonie de l'agencement de vos mots. Cette lecture a été un réel moment de plaisir, mais aussi la promesse des moments de plaisir que seront ces relectures.
Je vous souhaite un bonne fin de week-end sous votre ciel de Méditerranée,
Philippe


Face à l'enthousiasme des commentaires et la force des extraits donnés, je ne résiste pas à l'envie de me procurer le récit-poème d'Angèle Paoli Lalla ou le chant des sables. A qui dois-je m'adresser ? Merci d'avance pour votre réponse.

Bonjour Leze,

Je viens de vous écrire sur votre messagerie. Pour se procurer l'ouvrage, le mieux est de s'adresser directement à Terres de femmes. Lalla ou le chant des sables sera aussi présent (et présenté) au 2e Salon des Editeurs Indépendants du Quartier Latin, à la fin novembre (28-30 novembre 2008).
Mairie du 6e
place St Sulpice
Paris

Amicizia,

Angèle


A l’inverse de Philippe, je n’ai pas pu m’installer tranquillement pour savourer l’ouvrage. J’étais pressée entre les deux otites d’un héros bien malgré lui, et je me vois lui dire : écoute, je viens de te préparer tes pinceaux, d’allaiter le petit berbère et d’étendre des linges blancs entre les oliviers, alors je t’en conjure, accorde-moi un instant et regarde ton réveil rouge : lorsque la grande aiguille sera sur le 3, je jouerai aux voitures avec toi.
C’est donc aux linges (mais pas aux oliviers), aux bouches avides, aux horloges rouges et aux oreilles en feu que j’ai réussi à arracher ce petit quart d’heure particulier : car il n’est pas simple pour un auteur de creuser le désert au milieu d’une Toscane automnale, et encore moins lorsque cette colline se gorge de lait, d’albums du Père Castor, et de menthe à arroser (sinon, comment faire le thé ?)
Alors évidemment, j’ai maintenant le temps de vous écrire, et je veux le faire AVANT de relire au calme Lalla ou le chant des sables. Angèle, je veux te donner ma lecture pressée, hachée par des bribes enfantines, ma lecture calculée par la grande aiguille et encore plus par l’autre trotteuse qui trottait moins vite que tes mots, et encore moins vite que le pas résolu de Lalla, un pas qui m’a désemparée, car il allait autour du puits et les tambours n’étaient pas des tambours !
Je me souviens de la forme géométrique de son trajet vers la dernière dune, car elle allait droit, d’une droiture qui fait troubler la ligne d’horizon, comme dans les mirages, et le petit berger par contre faisait de belles courbes vers ses moutons si vivants, si soyeux, qui ne suivaient que l’herbe rare et les appels de l’eau !
C’est l’oasis qui repousse Lalla, elle fuit l’oasis comme son nom, car il est trop plein de palmiers et de source, et de couleurs qu’elle renie pour l’unique reflet du sable. Elle abandonne même les mots, et sa langue se plie et se replie sans son, elle est ce foisonnement de muscles qui sursaute une dernière fois, comme pour articuler des pensées qui autrefois faisaient écho aux formes coniques. Elle explore le langage que les parchemins ont ignoré, elle se repait des cloisons d’une bouche jamais aimée.
Je me souviens de la Grande Dune, et je me rappelle aussi qu’à l’entrée de ses entrailles, l’air se faisait rare, comme dans la Haute Montage. Ce manque d’air, ce sont les tambours qui le disent, ces tambours de la soif dont la peau vibre sous les coups du soleil.
Je les ai sentis à mes tempes, et cette oscillation, entre la courbe et le saillant, elle ne m’a pas quittée jusqu’à ce soir.
Pardonne-moi Angèle, d’avoir « mangé » ta Lalla, qui méritait le temps d’une dégustation au Cibreo. Mais j’y reviendrai ! En attendant, voici mon éclair de lecture : des lallations, mêlées de ninne-nanne.




Ho letto Lalla ou le chant des sables, ho trovato la storia molto emozionante, capace di catturare l'attenzione fino alla fine.
Veramente straordinaria volontà (e capacità) della protagonista di riuscire a varcare la soglia della materia, rinunciando al proprio corpo, per raggiungere, assaporandola passo dopo passo, la fusione con l'universo: fine ultimo dell'uomo, che poi è l'unica cosa che dà un senso alla nostra esistenza terrena.
Attraverso ma fuori dei sensi, con e senza il proprio involucro, a volte pesante fardello, senza mai voltarsi indietro, senza un cedimento alle lusinghe, ascoltando solo il richiamo potente del deserto, Lalla offre un originale e consapevole approccio alla conoscenza del proprio sé, dei suoi limiti ma anche della illimitata capacità del pensiero (e della volontà) di sfidare le leggi dell'universo, fino a farsi comprendere in esso al di là e al di fuori dei canoni concessi all'umana ragione.




Sur Squilibri, un article (en italien) de Stefania Mola sur Lalla ou le chant des sables. Mis en ligne aujourd'hui même.



La recension de Pascale Arguedas sur Lalla ou le chant des sables (parue dans le n° 16 de la revue trimestrielle La Presse littéraire) a été mise en ligne sur le site «Calou, l’ivre de lecture» .



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