Répertoire chronologique



  • Pour accéder au répertoire, CLIQUER

Rouges de Chine



  • ROUGES DE CHINE => PAGE D'ACCUEIL



Éclats d’éclats

Retour à l'accueil



« Fabio Scotto/China sull’acqua… (traductions croisées) | Accueil | Catherine Soullard/Johnny tendresse »

23 juillet 2008

Joëlle Gardes, Dans le silence des mots

Joëlle Gardes, Dans le silence des mots, Poésie,
Collection Accents graves/Accents aigus,
Éditions de l’Amandier, 2008.




Deux_volets_latraux_
Ph., G.AdC




TOUT RESTE À DIRE

    C’est sans doute dans la scansion du recueil, au plus secret de son rythme intérieur, que se lit la beauté sobre de la poésie de Joëlle Gardes. Triptyque, Dans le silence des mots combine sans rupture, poétique de la prose et poésie dans une même tonalité, une même unité de langage et de sens. Mélancolique et chaude, une même voix scande les affleurements de la souffrance, sur la crête des vagues et du temps.

    Au centre du recueil, Paysages intimes ― errances / vagabondages en « des scènes désertes où nous n'avons pas de rôle à jouer » ― cède « au vent qui rend fou » le soin « de dire la fureur cachée /de réveiller ceux qui se défont dans la tendresse des choses ». La voix qui parle, voix lucide et triste, s'attache à faire surgir « sous le sourire la pluie des larmes ». Et à dire, derrière les décors de pierre rose et d'oliviers ― « éclats de vie » et de couleurs ―, la vacuité d'un présent sans attache.

    De part et d'autre du panneau central, deux volets latéraux : Dans le silence des mots et Le soleil ni la mort. C'est dans le premier volet que se dit le plus explicitement l'importance accordée au rythme. Et à la scansion. La scansion « classique » du vers sert d’assise architectonique à l'organisation du recueil. Sept textes intitulés « scansion » jalonnent Dans le silence des mots et alternent avec les poèmes numérotés ― de 1 à 5 / de 1 à 3 / de 1 à 4. Et l'on progresse, sans tension ni rupture, du désir exprimé d'effacement de toute émotion (« dans le silence des mots ») à la peur du « silence éternel », du bonheur passé dans l'insouciance et dans le rire au « désespoir inconsolable » d'une femme meurtrie, livrée à l’abandon. Et l’on progresse jusqu’au « tout reste à dire » qui scelle l'agonie.

    Pourtant, tout au long des poèmes, quelque chose filtre de cette émotion qui résiste à se dire. Une émotion gémelle, celle de la lectrice que je suis, gagne en force le silence des mots qui résistent ou se trompent. Disparaissent sous le poids des clichés qui figent ou celui de l'oubli qui efface. « L'écriture est sans empreinte », dit la voix. Elle est pourtant la seule issue. « Jour après jour l'écriture dessine la seule continuité/la seule nécessité. »

    Le deuxième volet du triptyque, Le soleil ni la mort, est construit selon le même principe (informulé) de scansion. Une scansion, silencieuse, soumise à la bienheureuse fusion des contraires. Scansion en creux, intériorisée. Un diminuando qui tend à l'effacement. Soleil et mort mêlent uniment leur voix. L'inconsolable, celle que jadis l'odeur du pin ou le claquement du volet suffisaient à apaiser, s’étonne un matin du « grand vide que le monde ne demande qu'à remplir ».

    « Le temps est entré en elle et c'est déjà celui de la mort ».

Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli




Dans_le_silence_des_mots_bis






JOËLLE GARDES

Jolle_gardes_2
Source

Voir aussi :
- (sur Terres de femmes)
Joëlle Gardes/Et si la profondeur n’était que… (extrait de Dans le silence des mots) ;
- (sur Terres de femmes) Joëlle Gardes,
Jardin sous le givre (note de lecture) ;
- (sur Terres de femmes) Joëlle Gardes/"
Les arcanes subtils d'une relation triangulaire" (La Mort dans nos poumons) + bibliographie ;
- (sur Terres de femmes) Joëlle Gardes/
Ostinato e chiaroscuro (Ruines) ;
- (sur Terres de femmes)
7 mai 1748/Naissance d’Olympe de Gouges (note de lecture sur Olympes de Gouges. Une vie comme un roman de Joëlle Gardes) ;
- (sur Terres de femmes)
31 mai 1887/Naissance de Saint-John Perse (Joëlle Gardes, Saint-John Perse, Les rivages de l'exil, biographie) ;
- (sur Terres de femmes)
Trentième anniversaire de la mort de Saint-John Perse/20 septembre 1975 (chronique de Joëlle Gardes) ;
- (dans la galerie Visages de femmes de Terres de femmes)
Portrait de Joëlle Gardes
(+ extrait de Oiseaux de Saint-John Perse).



Retour au répertoire de juillet 2008
Retour à l' index des auteurs
Retour à l’ index des « Lectures d’Angèle »

» Retour Incipit de Terres de femmes

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8345167db69e200e553b515eb8833

Voici les sites qui parlent de Joëlle Gardes, Dans le silence des mots :

Commentaires


Le langage et la musique sont deux de mes grandes passions. Tu m'as donné envie de lire ce livre Angèle car la poésie contient toutes les pierres précieuses du langage. Oui, le rythme, l'écoulement du temps...
Je suis quelque peu maniaque de la métrique et de la manière de faire chanter le vers comme le voulait Verlaine. Mais, me diras-tu, c'est pareil en musique.
Merci de cet article incitatif.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Ma Photo

Écrivez-moi

Dernières dépêches sur TdF


  • Lundi 13 juillet 2009

    Savez-vous que Terres de femmes est la seule revue littéraire à assurer quotidiennement une maintenance éditoriale sur la totalité du site ? Actualisation des anciennes notes et de leur apparat critique, mise à jour des nombreux index, sous-index, répertoires, liens et liens-corrélats, suppression des notes obsolètes, trop liées à une actualité qui n'est plus pertinente.




    TdF propose à ce jour 2 444 pages ou notes. Outre plusieurs centaines de notices dans les annexes (galerie exposition, albums photos...) et plus de 3 000 documents iconographiques.
    Nombre de visites de lecteurs durant l'année 2008 = 469 791
    (1 287 visites/jour). Depuis le 1er février 2005, 1 578 406 lecteurs uniques cumulés sont venus sur Terres de femmes.
    [Source : XiTi].

Extraits musicaux du jour

J'écris



  • Lupinu (mon chat) et moi

Et vous ?



  • Vous ?

Les Noir et Blanc de Guidu



Terres de femmes


  • Content copyright protected by Copyscape website plagiarism search

  • © 2004-2009 Angèle Paoli. Tous droits réservés.


    Toute reproduction, publication, diffusion ou distribution de tout ou partie du contenu de Terres de femmes pour fins autres que celles d'utilisation personnelle, est strictement interdite sans autorisation préalable. Pour toute copie et diffusion à usage personnel et non commercial, l'auteur et la source (Angèle Paoli/Terres de femmes) doivent être mentionnés et un lien établi vers cette source.
    ________________________________________________


    __________________________________________________

Retour