Isabelle Garron/]. la position du soleil
]. la position du soleil
la reverrai-je & l’ombre
avec tes gestes
qu’elle tatoue
.. panier. figue blette
parmi celles que ..
]― nous de retour
tu disposes
dans l’ocre du tian.
***
. position du soleil
ocre du tian
. ce que l’inconnu
hante
Isabelle Garron, Qu’il faille, Éditions Flammarion, Collection Poésie/Flammarion, 2007, pp. 124-125.
| ISABELLE GARRON ![]() Source Née à Lille en 1968, Isabelle GARRON est maître de conférences en Sciences de l’Information et de la communication à l’Université d’Évry-Val d’Essonne et membre du GRIPIC (Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur les Processus d'Information et de Communication), EA Université Paris IV-Sorbonne. Le 15 décembre 2000, elle a soutenu une thèse de doctorat sur LA PART TYPOGRAPHIQUE : de la place de la typographie dans la mise en page du poème moderne (réflexion autour de la mise en page du poème moderne ; de l'image poétique à l'image prosodique). En 2001, elle a réédité à l’identique aux éditions Le Théâtre typographique La Lucarne ovale [1916] de Pierre Reverdy. En 2002, elle publie son premier recueil Face devant contre dans la collection Poésie/Flammarion dirigée par Yves Di Manno (Face before against, Linuss ed., New York, 2008. Traduction de Sarah Riggs), puis, en janvier 2007, Qu’il faille (publié avec le concours du Centre National du Livre). Isabelle Garron collabore à différentes revues poétiques (Petite, Rehauts, Action Restreinte, Action Poétique, la Polygraphe, FPC) et anthologies (Autres territoires, Farrago, 2003 ; 49 poètes, un collectif, Flammarion, 2004). Elle est aussi membre de l'OUTY, association de typographes à Paris. Dans le cadre des « Périphéries » du 26e Marché de la Poésie (en partenariat avec l'Imec), Florence Trocmé (Poezibao) recevra Isabelle Garron au cours d'une soirée poétique qui se tiendra à l'abbaye d'Ardenne le 16 juin 2008. EXTRAIT DE PRESSE « L’écriture d’Isabelle Garron s’inscrit dans la lignée d’Anne-Marie Albiach et de Danielle Collobert : narration abstraite, elliptique, beaucoup de blanc sur la page et des décrochements typographiques qui scandent et découpent la linéarité des phrases. Poésie en apnée où le souffle compte autant que le sens, « le narratif y est posé à l’origine d’une histoire impossible à reconstituer sans repentir, l’ellipse un souffle alternatif qui fait advenir un feuilletage et définit les strates, les phases d’exhumation de la langue… Je m’imagine que la véritable narration qui hante le texte poétique est celle d’un événement très ancien qui erre comme une vieille âme ou plane comme un oiseau de proie jusqu’à trouver l’expression qui relatera les faits, les forces et l’humanité charriés par ce moment de vie révolu. » L’engagement d’Isabelle Garron renvoie à une conscience aiguë de l’altérité, de l’adresse, de l’accueil, « dans ce vertige infini qu’est l’autre lorsqu’il se présente à soi ». Qu’il faille, son dernier recueil, se présente comme la transposition envoûtante d’un journal de bord avec ses arrêts, reprises, dérushages, au détour d’espaces géographiques non définis, mais que l’on perçoit comme exotiques ― l’Asie, l’Afrique ― dans le brouillage du souvenir retravaillé : « Je travaille à une forme qui se refuse à se couler dans une énonciation figée, qui se défend de s’assoupir dans une représentation conservatrice du poème. » (Véronique Pittolo, « Une autre vision du monde » in L'Humanité du 2 juin 2007). Voir aussi : - (dans Le Matricule des Anges) un article sur Qu'il faille ; - (sur Poezibao) un article de Florence Trocmé sur Qu'il faille ; - (sur action restreinte) un article de Mathias Lavin sur Qu'il faille ; - (sur Terres de femmes) Isabelle Garron/Ce schiste sur les hauteurs, 4. |
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Merci à toi, Nadine, pour ces rapprochements inattendus, passerelles entre les mots et les mondes. Etrange aussi ce mot tianu dont j'ignore d'où il vient (provençal) et qui désigne aussi bien en corse, le poêlon que le ragoût.
Très beau, ce poème sur la "souffrance du contour".
Amicizia,
Angèle
Rédigé par: Angèle Paoli | 06 mai 2008 at 12:56
Je m'amuse un peu parfois des coïncidences insolites :
"tian" est un plat provençal, mais aussi :
Tiān est la transcription en hanyu pinyin du caractère chinois 天 signifiant ciel.
On retrouve ce sinogramme dans Tiān'ānmén (sinogrammes simplifiés : 天安门广场 ; sinogrammes traditionnels : 天安門廣場 ; hanyu pinyin : Tiān'ānmén Guǎngchǎng, littéralement Place de la porte de la Paix Céleste), une place de Pékin.
Et pour ajouter quelque lignes :
Dans le ciel
Tache dévorant le bleu
Et en l'ocre
Vers la souffrance du contour
Uniquement ériger l'informel
Tache dévorant le bleu
Amizicia
Nadine
Rédigé par: Nadine Manzagol | 05 mai 2008 at 06:22