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22 février 2008

Commentaires


A billezza ci pesa 'n i so braccia, ci porta calchì breva stunda à l'alturra 'llu so visu, com' a fàcini i mammi incù i ziteddi minureddi par abbraccià li, è po, senza privena, ci poni in tarra, 'n a noscia vita di cascaturi - com' a fàcini i mammi.

La beauté nous soulève dans ses bras, nous porte quelques instants à la hauteur de son visage, comme font les mères avec les tout petits enfants pour les embrasser, et puis, sans prévenir, elle nous repose à terre, nous remets à notre vie trébuchante - comme font les mères.

Christian Bobin, La Présence pure Poésie/Gallimard, 2008.

J'ai une tendresse particulière pour Christian Bobin...

amicizia

Stefanu


Cet hommage m'a fait monter les larmes aux yeux
d'abord parce que tes mots épousent à leur tour ceux de ces deux livres
ensuite Bobin dont la sensibilité nous touche tous (Lettres d'or, La plus que vive, quelle splendeur...)
et puis une fois encore une découverte
lumineuse
intense
pleine de vibrations
merci...


Etrange ce Christian Bobin! Il déclenche chez certains une allergie (prurit ?) immédiate (pour Pierre Jourde, il est "le ravi de la crèche" de la littérature) et chez d'autres, une inépuisable tendresse.
Entre les deux extrêmes, je choisis plutôt le second. Entre la Dame blanche et lui, c'est vrai, ce qui m'a tellement marquée, c'est cet accord parfait.

Ah, ça alors ! encore une strate de Terres de femmes, inconnue ! J'aime ces commentaires qui renvoient à des pages inexplorées. Ainsi, je ne savais pas que vous aviez abordé aux rivages méditatifs de La Dame blanche de Christian Bobin !
J'ai ouvert, à nouveau, ce livre étrange et j'ai retrouvé une phrase que j'avais soulignée pour y revenir :
"La tyrannie du visible fait de nous des aveugles. L'éclat du verbe perce la nuit du monde." (p. 106)
Alors que je découvrais cette lettre où la beauté travaille et rayonne de Jean Malrieu en ce 22/07/2010. Tous deux ont cette approche de la lumière chère à Rembrandt. Orpailleurs de l'invisible, effraction pour eux dans la clôture du langage, lents remuements des mots... Tremblante vocation de l'étincelle.
Merci à Marie d'avoir rouvert les commentaires sur Emily Dickinson.


Je relis cette note de lecture si profonde et ouvrant Un visa donné à la parole - Trente ans d'édition (La Dogana), feuilletant ce catalogue détaillé de tous les livres édités par ces éditions La Dogana créées à Genève en 1981, je lis à nouveau certaines notes de lectures en harmonie avec les vôtres, Angèle.
Ainsi en 1986 à propos de la parution de Quarante-sept poèmes d'Emily Dickinson (Traduction de Ph. Denis & texte anglais en regard), Anne Perrier écrit ces lignes :
"Cette petite américaine d'il y a cent ans vécut recluse en poésie, loin des salons à la mode, loin des joutes littéraires. dans le silence et la solitude, elle écrivait, elle savait l'importance de la tâche, elle disait : "Avant l'abeille/ les fleurs sont négatives"; et puis encore, elle savait la simplicité absolue de l'état de poète, ou, comme je l'ai dit, la pauvreté profonde, celle du coeur qui a compris... que tout est grâce."
Voilà ce dit d'elle et j'ajoute : de... vous.


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