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09 décembre 2007

Commentaires

...réapprendre le silence les gestes de l’oubli les paroles apaisées allégées du trop plein des mots ranger l’autre que l’on a aimée la coucher la plier sans faux plis aux côtés de ceux qui ont déjà place dans ton cimetière intérieur peau contre peau...

Gorge serrée, en apnée, d'une traite, la lecture de ce texte m'a laissé un goût de cendre. Très beau, Angèle.
Je me sens proche.


Ce texte a quelque chose de bouleversant. Il est ouvreur de mémoire, tel un talisman il projette à l'aigu du temps qui passe.
Coup de foudre pour ce texte!

"les algues|les algues|te font une litière |où la lumière pleut" |Le dormeur de la mer|la mort de l'amour |AMOR sans N | ROMAN | Envie de hacher les phrases après les avoir lues - oui- en apnée|Besoin de respirer|de ponctuer|de prendre goulée d'air|ne pas me noyer|mais me laisser emporter par votre houle|

U CANTU/CONTRE LES BRIS DE MER

Poncée jusqu'à point d’os la mémoire explore
et déplore en éclats d'incroyables ressacs.

Implacables coursives ventées et qui découpent
à vif, la peau tannée par l’ongle des détours.

Saccages laminés par les vagues d'ici.

Loin, trop loin, sous l'hiver et l'odeur des feux sus.

Des regards se rengorgent à l'intérieur du ventre.

Tout est net et tranché, sacrifié et sacré.

L'eau désormais s'effrite insensée, arrogante,
ourlée de faux répits, régentée de missives,
toutes autant illisibles, que tiédies et muettes.

Attendre et qu'elle tombe en lueurs consolantes ?

Vous n'aviez pas touché la douleur à son rythme.

Elle berce l'image comme une barque innée.

Elle revient à quai sans cesse et puis s'estompe.

Une amarre invisible la tient sans la brider
en cette offrande à mains

tendue au bord des yeux.

***


En écho, ce vieux texte de moi...

     Va doucement, petite sœur.
N'ouvre pas trop grand la porte. Ne la referme ni trop vite ni trop fort.
Va doucement, j'ai essayé toute la journée de rassembler les fragments de mon âme. J'ai essayé de mettre bout à bout des mots qui diraient ce qui vibre et vrille et m'abîme.

     Va doucement.
Marche, si tu le peux, sur la pointe de l'âme. Ne parle pas ou parle peu.
J'ai tenté toute la journée de chanter. Ce soir, je suis lasse. Mes mots sont bloqués par un courant d'air si froid que j'en ai les lèvres gelées.

     Parle-moi doucement, petite sœur.
J'ai le vague au cœur, une impression d'incomplétude, de vacuité qui me soulève l'âme. Je n'ose plus nouer mes pensées aux mots qui traînent et me tourmentent. Repousse avec moi le temps. Empêche-le de m'atteindre.

     Parle doucement.
Je me tiens aux cordages mais je ne les vois pas. Je me tiens aux cordages qui n'existent peut-être pas, peut-être plus... Faut-il que je sois fragile ce soir pour que mon souffle s'émiette ainsi, pour que ma voix s'étrangle et me semble étrangère !

     J'ai si froid au-dedans…


je viens de découvrir ce merveilleux texte, Angèle, qui m'a fait beaucoup de bien. Merci!

Douce Angèle, c'est peut-être ces mots-là que je souhaitais lire, ils sont ce que je ne sais plus dire... Et c'est un grand bonheur que de parcourir cette page si magnifique.

Merci, je t'embrasse de plus grand coeur

Lisa


merci pour ce texte...
vos paroles ont tellement d'écho en moi...

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