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29 novembre 2007

Commentaires

moi aussi je viens d'une île, celle en bas de la tienne !


D’une île ? Alors je t’envoie cet extrait d’un poème de ma Sarde préférée (corse par sa grand-mère).

« Oggi è una notte di pioggia.
Possiamo traversarla in due diversi bagliori senza luce
dire, toccando il gelido bordo di un bicchiere
che tanta lontananza non è stata un errore
se ha cinto e sciolto segretamente
ogni irreale desiderio. »

Antonella Anedda, « novembre, notte », Notti di pace occidentale, Donzelli Poesia, 2001, p. 59.


« Aujourd'hui c'est une nuit de pluie.
Nous pouvons la traverser selon deux lueurs diverses sans lumière
dire, en touchant le bord gelé d'un verre
que tant d'éloignement n'a pas été une erreur
s'il a ceint et dissipé secrètement
tout désir irréel. »

(traduction d'un Sarde de Lyon, Marcu Porcu, un ami d'Antonella Anedda)

D'une autre île, un peu au nord de la tienne...
Par solidarité vive... en aveugle...
____________

On accède au seuil d’ombre pour célébrer le deuil ?
On ne sait pas… On ne sait pas…

Le rouge vif perlé de fines dentelles a déporté la caresse, à n’en plus finir, à n’en plus finir… entraînant sur un long rivage d’amiante une houle de rongements, de crissements infestés d’algues brunes, rugueuses d’amertume.
On n’a rien choisi, après s’être fait croire, assez longtemps que si… On n’a rien choisi au tout début… On a cédé… simplement resserré de trop près la simple idée d’étreindre.
Et si c’était vrai qu’un amour abandonne ses peaux comme on voit monter sur les champs d’asphodèles leurs chandeliers macabres sous la chute des fleurs, cruciformes, mais blanches ?
Les autres n’y comprennent rien, ne savent pas toujours ce qu’un amour fervent ravine au fond d’irrémédiable, ce qu’il pilonnera de rage avant l’oubli dans le corps échoué du désir.
Il y a toujours et après-coup un reliquat d’indicible dans tout don partagé sous une asymétrie très encombrante, c’est elle qui enfle en vain, chaque matin, ses alvéoles de silence.

Le sable est amnésique
Jamais le cœur.
Pourquoi ?

Et quand un cri surgit, il n’est plus de jouissance tenue, et retenue. Le sang n’a pas monté jusqu'à l’épaule… un courant l’a figé et que faire après ça ?… Quand l’ultime promesse, et sans pitié, aura zébré la nostalgie.

On ne sait plus. On n’en saura pas plus.
On retourne nager... Peut-être, mais pas en hiver...


Quel texte magnifique, Mth, je suis bouleversée. Tu as raison, ma belle, nager en hiver me paraît hors de saison sauf à imaginer un long et long séjour, interminable séjour silencieux dans les vagues. Alors, quoi d'autre, sinon s'accrocher aux branches que le vent secoue de ses rafales en attendant de faire peau neuve avec le retour du printemps et de l'écume douce. En attendant, en attendant, il faut souffrir et ravaler ses larmes.
Merci à toi, d'être là, vigilante et amie.


Frôler cette douleur d'une aile d'ange...


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