« Henri Meschonnic | nous ne savons pas si | Accueil | Joëlle Gardes, Jardin sous le givre »

16 septembre 2007

Commentaires

Merzouga


Le désert a arraché

la semelle de mes pieds

Nous en avons perdu jusqu'à nos traces


Seul

l’arbousier

a retenu l’instant de ton baiser

sur sa branche la plus haute

au pied des grandes dunes

d’où les têtes dépassent

comme décapitées


Combien de têtes coupées,

pour ce bel amour ?


Combien de joues

brûlantes de sueur

et de pieds écorchés ?


Et la distance des traces balayées,

qui la retrouvera

sur la branche plus haute

de l’arbousier penché

au pied des grandes dunes

d’où les têtes dépassent

comme décapitées ?


Et pour ce bel amour,

combien de corps enfouis ?


Et à ce bel amour

combien de jours,

combien de nuits ?

Un salut chaleureux, et un peu humide, de la Toscane,
Emilie


QADISHA

Mes pas avalent le sable et dérobent les chemins. Ils, savamment égrenés, se glissent dans le passage coulant sur les grands pans des anciens rêves. Sur mes talons la profonde Vallée Sainte fuit l'entonnoir de la rancune humaine; du bâillon des armes pend encore la morsure du dernier souffle dans la poussière.
J'arpente, dans le matin tiédi, mes mains au soleil jusqu'au détour d'une fausse nuit élégante: sous le grand rocher pendu comme un lambeau de chair blanche sous la chênaie et l'olivier.
En cavale jusqu'au cirque obturé d'un large et frais bouchon de cèdres, j'agrippe le profil lourd de la Terre des Saints.
Alors, mes pensées empruntent le bleu insidieux, la courbe des prières où bute l'espoir aux portes de l'abîme.

Oh souvenirs si présents!



L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.