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19 juin 2007

Commentaires

"Est-ce que, par hasard, on m'aurait changée au cours de la nuit ? Réfléchissons : étais-je identique à moi-même lorsque je me suis levée ce matin ? Je crois bien me rappeler m'être sentie un peu différente de l'Alice d'hier. Mais, si je ne suis pas la même, il faut se demander alors qui je peux bien être ? Ah, c'est là le grand problème !"

Lewis Carroll, Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles, Aubier-Flammarion, page 97. Traduction de Henri Parisot.

Amicizia
Guidu___

Magnifique dilution d'identité, entre écume et ressac.
C'est doux et chaud, merci.
Dom

Il n’y a pas que dans les Keys que les îles jouent le rôle d'« intercepteurs ». Vert moite torride et luxuriante que cette plongée en apnée. Une touffeur d’écriture tropicale à la Tennessee. Bravo à toi.

Autre zone, autres géographies avec Tagore, et cependant ... « mirage » chère Angèle, « mirage de lumière plus loin bulles irisées [...] nappe moirée [qui] miroite à l'aplomb du soleil yeux pers et vagues langoureuses suivrons-nous jusqu'au lointain des jours le long chevauchement corps nus des blanches amoureuses. » que je retrouve ici aussi :


On the limpid waters of the lake of our youth
Blooms the lotus of love
On the limpid waters of the lake of youth.

What surging, what wild flood
Keeps it rocking, keeps it rocking
On the limpid waters of the lake of youth ?

[...]

Trembling with fear is my heart
Lest the fragile lotus be uprooted.
And this tender care brings
A mist of tears before my eyes
That softly dims the lotus rocking
On the limpid waters of the lake of our youth.

--

Ton jeune cœur est un lotus qui dort
Sur les eaux limpides d’un lac.
Ton jeune cœur est un lotus qui dort.

D’où donc provient ce tumulte soudain
Dans le lac tranquille
Où, comme un lotus, dort ton jeune cœur ?

[...]

J’ai peur que mon amour et mes pleurs
Ne troublent le lac
Où dort le lotus de ton cœur
Et que ne soit brisée sa tige
Par le tumulte des passions.
Ton cœur est un lotus qui dort.


Ton jeune cœur est un lotus, JOUBÖNÖ SHÖRÖSHI NIRÉ [poèmes chantés de Rabindranath Tagore, présentés, traduits et adaptés pour voix et piano par Alain Daniélou : édition trilingue, français, anglais, bengali], Paris éd. Michel de Maule, 2005, pp. 68-69 (et partition pp. 134-36).

Amicalement

Merci à tous, qui honorez ce texte, chacun à votre manière. Tennessee Williams, je n'y avais pas songé, mais cela me touche et ranime des souvenirs auxquels je tiens beaucoup!
Merci à Déborah pour ce très beau poème de Tagore que je ne connaissais pas. Et qui doit être encore plus fort en bengali, avec ces retours d'expressions inattendus. Cela me rappelle la sextine, une forme poétique que j'aime beaucoup.

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