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13 juin 2007

Commentaires

Recomposer le décor inventé de ses mots sur un écran. Installer à la façon d’un aquatintiste un premier plan d’herbes folles embrasées de l’orangé estival des fleurs de cistes dans la scintillance d’un soleil couchant…
Peu importe l’art. Piero della Francesca ou Leonardo ne parviendront pas à le réconcilier avec sa peine. Elle n'est pas avec lui, mais elle est là, dans le contre-jour rasant, dans le sombre que font maintenant les silhouettes des arbres dans le lointain, surgis de l’arrière-plan des toiles de maîtres de la Renaissance.
Lui en attitude instable est au sommet d‘une montagne, sur le plus haut sommet de l’île, dans cet équilibre précaire qui le fait hésiter entre le renoncement et la création. Il sait la profonde ambivalence de son insularité, de sa gémellité, de son double caractère paradoxal.
Son attachement à sa terre devrait signifier ouverture sur l’immensité de l’infini marin, mais elle est fermeture, celle des vallées encaissées des montagnes. Tantôt il penche vers l'un des versants, tantôt l’autre l’attire. Qui mieux que lui-même, elle peut-être, elle qui écrit, qui se décrit, qui décrit la déconvenue, l'insatisfaction, le doute, le risque, le pari incertain, la complexité embarrassante, sait ?
Elle.

Amicizia
Guidu___

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