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19 avril 2007

Commentaires

C'est triste tous ces mots qui se ressemblent, ces formes d'expression, cet écoeurement au milieu du brouhaha désordre, il m'arrive de le ressentir. Dans ces moments-là je souhaite être un cheval ou mieux un tigre avec ce beau regard qui exprime ce que l'humain ne peut dire.
C'est vrai, pourquoi sommes-nous si lourds?
J'aime bien ce qu'écrit Albane Gellé.

j'aime bien, j'aime beaucoup ce qu'elle dit - et s'ouvrant aux autres, les poètes nous ouvriront peut-être leur porte, à nous public timide et qui a du mal à avoir accès à ces mondes.

L'OREILLE DU TAPIN

La poésie est une maquerelle insomniaque et cruelle dont la générosité est fixée par l'absence de reconnaissance de ses effrontées tapineuses dont beaucoup se voient calife alors même qu'elles sont à peine courtisanes. L'oreille du tapin fait l'écoute et la clarté du plaisir, les flux de cyprine coulent naturellement dans les bassins sans rétention, le verglas est de mise sur cette patinoire où ne s'ennuient que des poseuses sans bombe. La voie qui bouge est immobile et sereine, elle se fout des engrais chimiques ou organiques dans lesquelles d'autres pillent allègrement ce qu'elles croient être inspir et qui n'est que surface mal polie d'un souffle. En coeur d'orgasme s'inscrit la jouissance poétique, pas de mal baisées dans cette étreinte ouverte, seules les rentières embourgeoisées croient encore que leur climax supposé est dotée d'une propriétaire. Feu qui ronge jusqu'à la moelle, la poésie ne s'ankylose pas dans des interviews stupides à haute teneur égotique, elle dévore à grands coups de charmes sulfureux les maquis boueux pour en faire un assolement dévitrifié pour regard clair. Encore pour cela faut-il plastiquer le cerumen.

Je vous trouve bien hargneux/haineux, GMC, et de surcroît décousu et abscons dans votre exercice de style à forts relents misogynes. Mais vous êtes un habitué du genre, à ce que j'ai pu lire par ailleurs...

Figurez-vous que je ne suis pas une grande admiratrice d'Albane Gellé-poète, contrairement à Youlia ou à Brigetoun. Mais son petit couplet iconoclaste me la rend plutôt sympathique. Elle dit tout haut et fort bien ce que d'autres pensent tout bas et n'osent exprimer. Je suis plutôt d'accord avec elle et ressens parfois la même lassitude. Je pense même que la poésie d'aujourd'hui est trop souvent devenue un « créneau » mondain avec ses conventions et ses règles bien balisées et très happy few, qu'il faut savoir pratiquer si l'on veut se faire connaître et accepter dans ce microcosme.
Du coup m'est venue l'envie de regarder d'un peu plus près ce qu'écrit Albane Gellé ! Bien m'en a pris et mon émotion a été réelle. J'ai ainsi acquis l’intime conviction que son écriture gagne à être lue à haute voix ! Comme cela se pratiquait, au fond, aux origines de la poésie ! Et puis, elle est dans l'ouverture, Albane, et non dans le delirium logorrhéïque. Je rajoute donc mes geckos, mes lézards verts, mes ânes, mes chèvres du maquis, mes petits gendarmes et ma kyrielle de coccinelles à la collection de chenilles et de caribous d’Albane.

« beaucoup à désapprendre pour voir sourire un arbre » (Albane Gellé, L’Air libre)

J'aime bien la lucidité de ce texte d'Albane Gellé. Il m'arrive aussi d'être écoeurée par un trop-plein de lectures de poètes. Alors, je vais vers le roman... parfois même vers un policier ou un Sf (comme en ce moment avec Le Dantec).
Puis, de retour vers la poésie, j'en apprécie la densité, le poids, la véracité.

"la nuit le jour parfois dedans il y a trop de bruit on parle par dessus l'autre ça ne fait rien que des voies sans issue" (L'Air libre, p. 17).

Plus j'écoute cette "voix qui bouge", plus je suis émue ! Hier soir, je l'ai écoutée en boucle, non stop ! Elle m'arrachait les larmes ! et puis parfois un éclat de rire ! un mélange étrange d'absurde, entre comique et tragique !
Impossible de remettre la main sur L'Air libre ! Normal !

Puis-je rajouter à cette liste quelques objets de ma bibliothèque ? Une cassette, un sac, une bougie, un journal, une peluche, un pot de yahourt, des brochures, du papier cadeau, un vase, des fleurs (en plastique), une lettre de Paul Valéry, des cadres, une ancre, un brûle-parfum, un sachet plastique, un napperon, un téléphone, des oies (en porcelaine), des disques, des photographies, des cartes postales, un appareil photo, des photophores (vides), un cendrier, des allumettes, du papier à cigarette, un homme et une femme (en terre cuite) assis qui regardent par la fenêtre.


Désolée d'écrire que je trouve cet écoeurement d'une prétention écoeurante..."retrouver les mêmes choses chez beaucoup...." "MULTITUDE de lectures" etc....etc...En avoir marre de la poésie??????? Heureuse Albane Gellé d'être LA seule à concilier baleines et hirondelles... Pauvres de nous poètes qui n'en sommes pas...


Je cheval je suis Albane je rue je course!
Complètement d'accord avec elle!
SD


De l'air... de l'air... dirait ...A.gèle ou A..ane ! Envie de prendre le maquis avec mon livre de Pascal Quignard sous le bras, je me sens de plus en plus "désarçonnée" par cette ronde biscornue de nombrils mal léchés. En fait je souris. Tous ces débats sont récurrents, et si on dormait ou aimait un peu plus sous nos couettes les poètes ? J'aimerais un cheval frais et reposé pour mon petit déjeuner ! Merci d'avance !


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