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27 mars 2007

Patrizia Cavalli/Poco di me ricordo

«  Poésie d'un jour  »





POCO DI ME RICORDO
A__io_che_a_me_sempre_ho_pensato_2



« Poco di me ricordo
io che a me sempre ho pensato.
Mi scompaio come l’oggetto
troppo a lungo guardato.
Ritornerò a dire
la mia luminosa scomparsa. »









DE MOI JE ME SOUVIENS PEU


B__ma_lumineuse_disparition

« De moi je me souviens peu
moi qui à moi toujours ai pensé.
Je me disparais comme l’objet
trop longuement regardé.
Je reviendrai dire
ma lumineuse disparition. »








Patrizia Cavalli, Mes poèmes ne changeront pas le monde, édition bilingue, des femmes-Antoinette Fouque, 2007, pp. 122, 123. Traduit de l’italien par Danièle Faugeras et Pascale Janot.





MISERERE ET OSANNA


    « Une brève analyse de la langue de Patrizia Cavalli en fait apparaître le geste antithétique : à une maestria incomparable dans l’ourdissage des césures et des rimes internes, qui défont parfois le vers en deux hémistiches, le font presque trébucher, répond un usage de l’enjambement violent autant que salvateur, qui reprend le vers in extremis à partir de sa cassure pour indéfiniment le repousser dans le vers suivant ; à un savoir prosodique stupéfiant, dans lequel la déliaison entre son et sens qui définit la poésie est exagérée à l’extrême, correspond un contre-mouvement qui l’amende chaque fois d’une reprise invisible. Une prosodie incroyablement riche de césures et de staccati, une structuration du discours résolument hypotaxique aboutit à la fin, on ne sait comment, à la langue la plus fluide, la plus continue et la plus quotidienne de la poésie italienne du vingtième siècle.
    Cela veut dire que, dans la langue poétique de Patrizia Cavalli, hymne et élégie s’identifient et se confondent sans restes (ou, peut-être, le seul reste est le moi du poète). La célébration se liquéfie en lamentation et la lamentation devient immédiatement hymnaire. C’est-à-dire que le Dieu de ce poète est tellement et exhaustivement présent qu’il ne peut être que regret ; la laude, ouvertement franciscaine, des créatures est parcourue en contre-fugue par un intime, sombre grommellement, elle est ce grommellement : miserere et osanna. »

Giorgio Agamben [Rome, décembre 2006] in Patrizia Cavalli, Mes poèmes ne changeront pas le monde, id., préface, p. 12.





PATRIZIA CAVALLI


Image, G.AdC


Voir aussi :
- (sur Terres de femmes)
Patrizia Cavalli/Mes poèmes ne changeront pas le monde (note de lecture) ;
- (sur Terres de femmes) Patrizia Cavalli/
Désormais habituée à parler d’autre chose ;
- (sur Terres de femmes) Patrizia Cavalli/
Non dipende da me ;
- (sur Terres de femmes) Patrizia Cavalli/
Perdre du temps, voilà mon métier (+ notice bio-bibliographique) ;
- (sur Terres de femmes) Patrizia Cavalli/
Tu sei davvero il mare ;
- (sur Terres de femmes) le Portrait de Patrizia Cavalli dans la Galerie Visages de femmes (+ poème : Quelqu'un m'a dit) ;
- (sur le site Libreria delle donne di Milano) un
entretien (en italien) de Patrizia Cavalli avec Lisa Ginzburg.



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Voici les sites qui parlent de Patrizia Cavalli/Poco di me ricordo:

Commentaires


A l'occasion de la publication en France de son livre Mes poèmes ne changeront pas le monde, en bilingue français-italien aux Editions des femmes-Antoinette Fouque,

Patrizia Cavalli, de passage à Paris, lira quelques-uns de ses poèmes,

ce soir, mercredi 27 juin 2007, à 20h00
à l'Istituto Italiano di Cultura
73, rue de Grenelle,
75007 Paris

Cette soirée est organisée par l'Istituto Italiano di Cultura de Paris en coopération avec les Editions Des femmes - Antoinette Fouque.

Elle est belle cette poésie que j'ai découverte en lisant le journal permanent de la poésie et que je retrouve ici. Merci Merci Merci

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