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29 mars 2007

Commentaires

Beau texte et pensée originale... Pensée du corps (et du "moi-peau"- enveloppe psychique - concept cher à Didier Anzieu) que cette écriture murale qui peut résonner jusqu'à assourdir, depuis la paroi, où la main l'a tracée.

C'est d'ailleurs curieux : cela rappelle le célèbre : "Mene, Mene, Tekel, Upharsin" inscrit sur les murs du palais royal de Balthazar, le fils tristement célèbre du roi Nabuchodonosor.

Pour la photo de Guidu qui l'illustre, c'est "Libertà" que l'on peut lire, à peine lisible sous le message de révolte ! : se non è vero, è ben trovato !

Comme quoi les poètes connaissent et retrouvent parfois des gestes symboliques initiaux pour dire comment notre inconscient fomente le réel...

Cyrnea,
Je n'ai pu m'empêcher de faire un lien sur Le Festin de Balthazar de Rembrandt. Une toile de 1635 conservée à la National Gallery de Londres.

Tu sais, Anghjula, on a publié un nouveau livre de Antonella Anedda, Dal balcone del corpo, ed. Mondadori, mais j'ai trouvé ces poèmes au-dessous des autres ; le langage est moins vif, peut-être un peu fatigué. Lis cette dernière publication, Anghjula, je voudrais connaître ton avis.

Blumy

Merci, blumy, pour cette information (d'autant plus intéressante que plusieurs traducteurs en France sont en train de "plancher" sur les recueils de Anedda). Je vais me procurer cet ouvrage. Sais-tu ce qui m'intrigue le plus ? Le changement d'éditeur... Comme si il y avait, derrière tout ça, une volonté de passer dans la cour des grands (Eugenio Montale, Amelia Rosselli,...) => "la prestigiosa collana di poesia «Lo Specchio» "

=> Cyrnea "Comme quoi les poètes connaissent et retrouvent parfois des gestes symboliques initiaux pour dire comment notre inconscient fomente le réel..."

Quelle perspicacité et quelle justesse d'analyse ! Angèle et moi commentions précisément sous cet angle les deux vers suivants d'Anedda :

"dove ho inchiodato un verso mai finito che leggo e leggo
trascinandomi acqua sulle dita"

Vers littéralement intraduisibles. Comment comprendre ce rapprochement entre "dite" et acqua" sans avoir à l'esprit l'ouvrage de l'Américain Meritt Ruhlen L'Origine des langues, qu'a très sûrement lu Anedda, ne serait-ce qu'en tant qu'universitaire et linguiste ? Où il est notamment dit que les mots tik (« doigt ») ou aq'wa (« eau » => Eve) seraient au nombre des premières monosyllabes qu'auraient prononcées l'homme, monosyllabes attestées dans trente-deux familles de langues ou de proto-langues ?

Le premier jour,
C’étaient les doigts
Qui s’enroulaient dans l’eau

Et le deuxième,
Ce furent deux chiens
Qui prirent mot

Et le troisième
Forma bouche
Et forma femme et forma peau

Mais bien avant, peau contre peau
S’échangeaient des secrets!


Et sur le front
Lignes tracées
Des milliers d’années
Avant d’être dites

Parlaient sans mot
Mais avec souffle

La langue d’Homme

Chers amis,

je suis d'accord avec ce qu'une main fantomatique a écrit sur ce beau mur bleu. Une belle photo bleu-nuit ! Merci Guidu.
Je l'enverrai à Sam Beckett... tout là-haut.

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