13 février/Paul Celan, Tout en un

Aquatinte numérique originale, G.AdC
TOUT EN UN
Treize février. Dans la bouche du cœur
s’éveille un schibboleth. Avec toi,
Peuple
de Paris. No pasarán.
Petit mouton à gauche : lui, Abadias,
le vieillard de Huesca, venait avec les chiens
à travers champs, dans l’exil
se tenait, blanc, un nuage
de noblesse humaine, il nous dit
dans la main le mot qu’il nous fallait, c’était
de l’espagnol de berger, en lui,
dans la lumière de gel du croiseur « Aurore » :
la main de frère, faisant signe
avec le bandeau retiré
des yeux grands comme le mot - Pétropolis,
cité nomade des inoubliés, était
pour toi aussi toscane, à cœur.
Paix aux chaumières !
IN EINS
Dreizehnter Feber. Im Herzmund
erwachtes Shibboleth. Mit dir,
Peuple
de Paris. No pasarán.
Schäfchen zur Linken : er, Abadias,
der Greis aus Huesca, kam mit den Hunden
über das Feld, im Exil
stand weiss eine Wolke
menschlichen Adels, er sprach
uns das Wort in die Hand, das wir brauchten, es war
Hirten-Spanisch, darin,
im Eislicht des Kreuzers « Aurora »
die Bruderhand, winkend mit der
von den wortgrossen Augen
genommenen Binde - Petropolis, der
Unvergessenen Wanderstadt lag
auch dir toskanisch zu Herzen.
Friede den Hütten !
Paul Celan, La Rose de personne, José Corti, 2002, pp. 112-113. Traduction de Martine Broda.
| Voir aussi : - (sur Terres de femmes) Paul Celan/ Lob der Ferne ; - (sur Terres de femmes) Paul Celan/La main pleine d’heures ; - (sur Terres de femmes) Paul Celan/Lointains ; - (sur Terres de femmes) Paul Celan/Stimmen ; - (sur Terres de femmes) Paul Celan/TANT D’ASTRES ; - (sur Terres de femmes) 5 décembre 1960/Lettre de Nelly Sachs à Paul Celan ; - (sur Terres de femmes) Correspondance Nelly Sachs/Paul Celan. |
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En effet, nobody, Celan résiste, comme les très grands, sans doute. Mais je crois que ta méthode est la bonne, et je fais de même. Et puis, il y a des clés. "No pasaran !"
Rédigé par: Angèle Paoli | 18 février 2007 at 23:55
Pas facile Celan !
On le lit, le relit, on le découvre en allemand, on ne peut douter de la traduction… Et pourtant il reste obscur.
Il faut pousser d'autres portes, se souvenir d'autres temps où les villes étaient inoubliables et nomades unvergessenen Wanderstadt… mais surtout de ce "no pasaran" !
Rédigé par: nobody | 18 février 2007 at 13:39
Le 13 février 1962, les obsèques des victimes du métro Charonne rassemblaient 500 000 Parisiens au Père-Lachaise. "Peuple de Paris... No Pasaran".
Rédigé par: Yves | 15 février 2007 at 19:58
Vient de paraître, il y a quelques jours, ce même livre, même traductrice, dans la collection de poche Points Poésie, en bilingue. 6,50 euros.
Rédigé par: Florence Trocmé | 15 février 2007 at 19:45