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17 janvier 2007

Commentaires

Ah que serait Jean-Isidore Isou sans Antonin Artaud ?
Rituel">http://ubu.wfmu.org/sound/isou_isidore/Isou-Isidore_Rituel-Somptueux.mp3">Rituel somptueux pour la sélection des Espèces (1965)

Amicizia
Guidu____

Ps: bon anniv. Y !


Chère Angèle pardonnez- moi une fois encore de citer ce Journal d’un piètre séducteur, d’un auteur inconnu…
Quel rapport avec Artaud ? Me direz vous !
Lisez les dialogues qui suivent et qui en sont extraits :

... "- Artaud a eu une vie douloureuse, et c'est vrai que, lorsqu'il était surréaliste, il pratiquait consciemment le dérèglement de l'esprit. D'ailleurs chez les surréalistes les médecins jouaient un rôle prépondérant. Aragon et Breton prenaient des tours de garde ensemble pour faire de l'écriture automatique, c'est donc certain qu'entre l'art et la maladie mentale il y a une relation, mais ça une fois dit, ça nous avance à quoi ?
Il savait que Philippe, obsédé par la littérature et ses implications mentales, adorait les surréalistes, il lui tendait une perche, en jouant ce rôle de psychiatre il relançait le propos.
La cigarette de marijuana était largement consumée, une épaisse couche de cendre s'était accumulée à l'extrémité, elle tomba sur son pantalon, il la passa à Philippe et continua :
- Freud a écrit de très belles pages dans "la Révolution Surréaliste" et il n'était pas fou, Artaud a pondu des textes sur le peyotl qui sont à mi-chemin entre le délire, la nosologie et la littérature, seulement moi, qu'est-ce que tu veux, je n'arrive pas à me contenter d'une vision esthétisante de la folie, même si c'est à la mode, parce que, quand tu te trouves en face d'un schizophrène qui porte sur le visage les stigmates d'une douleur incontournable, c'est pas évident de se pâmer devant les dessins souvent beaux, mais profondément inquiétants qu'il te montre surtout quand il essaie de te faire comprendre que, pour lui, l'expression de quelque chose de tangible, c'est davantage une volonté de faire taire la douleur qu'un désir de magnifier l'art, tu comprends ? Et ça, c'est quand même une réalité que j'ai bien l'intention d'intégrer dans ma pratique de tous les jours à l'hôpital.
Son visage s'empourprait, ses gestes devenaient amples, sa voix claire et percutante. Il lui fallait se montrer convaincant. Parmi ses amis, l'idée était trop répandue que la folie était incurable et qu'il ne fallait surtout pas y remédier sous peine d'émasculer un talent aussi vertigineux que celui de Jérôme Bosch, que les psychiatres agissaient en normalisateurs de l'esprit, en adaptateurs à la réalité, en prothésistes de la pensée infirme. " ...


Amicizia
Guidu ____

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