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30 janvier 2007

Commentaires

Angèle, tu n’es pas la seule à avoir un point de vue mitigé sur Hélène Bessette. Lis par exemple la conclusion de l’article d’Agnès Vaquin dans La Quinzaine littéraire (n° 931. Du 1er au 15 octobre 2006. Page 5) : « Une seconde chance pour Hélène Bessette » :

« […] pourquoi la lecture du Bonheur est-elle aussi difficile ? On est d’abord tenté d’incriminer l’écriture. Un poème, on l’aime comme un support de rêve. Admettons que ce soit le résultat d’un conditionnement culturel regrettable, mais une écriture «  poétique », quelles que soient ses qualités, énonce mal l’affligeante banalité de ces marionnettes qui nous jouent sur près de deux cent cinquante pages le plus vieux vaudeville du monde. Et que penser d’une humanité réduite à l’état de fantoches : « Ombres informes./Breughel mornes » ? Si l’on considère que le sexe, l’alcool et l’argent font tourner le monde, cela n’est peut-être pas faux, mais comment se contenter d’une vision aussi simpliste et aussi noire ? […]
Son œuvre va-t-elle bénéficier d’une seconde chance ? On a quelque peine à y croire, mais une réédition réserve parfois des surprises. »

Attendons donc la suite…

Agnès Vaquin risque d'être surprise. La suite, c'est "maternA", à paraître en mai, où il sera démontré que LNB7 est effectivement un K.


Risque ??? Menace ??? Le danger est-il si grand ?
« A chaque page,
le même visage.
A chaque verso
la même photo.
(Mono)tone.
Fastidieux.
Atroce.
Quand cela dure deux cents pages.
Quand cela dure deux ans de temps.
Et chaque jour comme une page
Chaque nuit comme un recto.
[…]
Le metteur en scène manque d’imagination. »
Hèlène Bessette, maternA (extrait)

Une question se pose, insistante : dans cette reconnaissance brisante des plus grands auteurs, et, a contrario, la désaffection sinon l'exaspération du grand public : Le Bonheur de la nuit et tant d'autres textes de H. Bessette ont l'éclat infini et nocturne du RIEN, une révolte radicale contre les bigoteries littéraires. Ce rien qui est pourtant la source de l'E-cri(s); des véritables écritures rétives aux complaisances. Une source difficilement accessible et insoumise aux conventions du sens commun : littéralement INCONSOMMABLE.

RIEN écrit-elle en grand sur une page; rien que le refus : “ Le négatif est un gladiateur en carton; le premier chien venu le renversera, mais il n’aura rien à manger ”(Alain Rivière).

"Je les soupçonne de ne la digérer que déjà accommodée à la sauce de sa propre sécrétion : je parle de quelque chose comme la littérature littéraire". Marguerite Duras, article paru dans L’Express, le 21 janvier 1964.


Je pense en effet que Hélène Bessette a sa vraie place aujourd’hui (en tant que phénomène littéraire) dans les salons littéraires, ces lieux germanopratins (ces lieux mêmes qui l'ont rejetée en tant qu'écrivain) où l’on parle d’autant mieux des livres que l’on a acquis cette expertise de briller dans l’art consommé du Non-Lire. Qui est aussi un art du savoir-vendre. Je parle d’expérience pour avoir fréquenté pendant vingt ans la Foire du Livre de Francfort.
Sur ce sujet, je suggère de se reporter au très bel article du blog à l’austérité toute debordienne : In girum imus nocte et consumimur igni : « Pierre Bayard – Comment parler des livres que l’on a pas lus ? » A l’envers et à l’endroit évidemment, comme pour tout bon palindrome.


Et dans un climat de peur. Tout ce beau monde rigole. Et les enfants sourient.

Voilà les bonnes habitudes les bonnes manières pour les enfants. L'expérience de la vie qu'il faut transmettre à ses enfants.

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C'est gentil de publier et faire connaître quelques livres de Bessette .. mais pourquoi publier au compte-gouttes une oeuvre qui développe des idées ? Pourquoi des post-face ridicules quand l'auteur moquait les commentaires et les critiques littéraires ? Pourquoi diable écrire une biographie, quand l'oeuvre est une autobiographie poétique très détaillée, choisissant de relater certaines choses et pas d'autres ? Pourquoi insister sur la pauvreté et la "paranoïa" de l'auteur ?


Bonjour g.r.,

Compte tenu de mon peu d'appétence pour l'oeuvre d'Hélène Bessette, il me semble que je ne suis pas la bonne interlocutrice. Pourquoi ne pas vous adresser directement à une autre Bastiaise, http://www.leoscheer.com/blog/Laure-limongi>Laure Limongi, beaucoup plus concernée que moi ?

Amitiés cap-corsines,

Angèle

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