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08 décembre 2006

Commentaires

Dans mon souvenir, Camille Claudel est pour toujours associée à Isabelle Adjani qui trouvait dans le film du même nom un de ses rôles les plus bouleversants. Je suis hantée par cette femme déchirée, incomprise et bafouée. Merci donc pour ce rappel de sa naissance.
Amitiés.

Oui, Pascale, lorsque je pense à Camille Claudel, je revois moi aussi Isabelle Adjani, dans un rôle très troublant.
Au-delà, cette lettre de 1939, adressée par Camille à son frère Paul. La dernière lettre. Ecrite de l'asile de Montdevergues, dans le Vaucluse. Camille a soixante-quinze ans. Elle est internée depuis vingt-cinq ans, au lendemain de la mort du père, survenue en 1913. Sa mère, elle, est morte depuis dix ans (1929).

"Je pense toujours à notre chère Maman. Je ne l'ai jamais revue depuis le jour où vous avez pris la funeste résolution de m'envoyer dans les asiles d'aliénés ! Je pense à ce beau portrait que j'avais fait d'elle dans l'ombre de notre beau jardin. Les grands yeux où se lisait une douleur secrète, l'esprit de résignation qui régnait sur toute sa figure, ses mains croisées sur ses genoux dans l'abnégation complète: tout indiquait la modestie, le sentiment du devoir poussé à l'excès, c'était bien là notre pauvre mère. Je n'ai jamais revu le portrait (pas plus qu'elle). Si jamais tu en entends parler, tu me le diras.
Je ne pense pas que l'odieux personnage* dont je te parle souvent ait l'audace de se l'attribuer, comme mes autres oeuvres, ce serait trop fort, le portrait de ma mère !"
Reine-Marie Paris, pp. 152-153

*Auguste Rodin, mort en 1917.

Cité par Maria-Magdalena Lessana, in Entre mère et fille: un ravage, Fayard, 2000, p. 178.


Un rappel pour Camille Claudel et une belle double cause pour Isabelle Adjani !

Amicizia
Guidu___


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