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09 octobre 2006

Commentaires

Il n'a pas sa tête, c'est moi qui te le dis,
Il est libidineux, grossier,
ah il pense que je ne l'ai pas compris ?
ah ! il croit que je me jetterai à ses pieds comme les femmes qu'il a séduites il n'y a pas encore longtemps !
Ah ! le chien, ah le porc, ah le fou.
il me dégoûte, me rebute.
mais je vais partir,
son fils qui est mon époux me capture ici pour que je m'occupe de ce vieillard libidineux, pervers..
et mon mari deviendra t-il comme son père.
je n'attendrai pas. il me faut partir. La valise.. vite avant qu'il ne crie qu'il souffre... sa main... tu parles... sa main...
la valise rouge qui était sur le placard dans la chambre n'y est plus. mais où est -elle. j'ai cherché partout, dans la chambre, dans la cuisine, dans le couloir, dans le cellier.. pas de valise.
c'est lui qui l'a prise j'en suis certaine ! ce vieux fou.
ah il crie. j'ouvre la porte de la cuisine. je descends les marches. je cours dans la rue. je suis partie. je suis libre. qu'importe si je n'ai pas de valise. qu'importe !
Clem

ho pubblicato sul mio nuovo blog un omaggio al femminino fatto con amica di grande spessore umano e culturale.. avrei piacere se tu lo vedessi_leggessi..
roberto matarazzo

Eh oui, Clem, les choses auraient pu se terminer ainsi que tu l’as imaginé. Pourtant, si mes souvenirs sont bons (je n’ai pas l’ouvrage à ma disposition), Tanizaki a choisi une toute autre issue au Journal d’un vieux fou . Une issue moins « féministe », et néanmoins fort intéressante. La jeune femme, en digne héritière des leçons qu’elle reçoit de son maître, le surpasse dans la voie de la perversité. Sûre d’elle et de ses pouvoirs, elle exerce sur le vieil homme une pression et un chantage permanents; manipulatrice très exercée, elle se sert de l’impuissance de son amant pour assouvir ses désirs de coquette et le contraint à délier pour elle les cordons de la bourse. A défaut de mieux, bien sûr. Ce qui est terrible et terrifiant, au-delà de la perversion qui relie les amants, c’est l’extrême lucidité du vieillard qui soigne son ennui et ses désarrois en se livrant sans répit à des analyses extrêmement fines sur son comportement et sur celui de la jeune femme qui le plume.

Du grand art, en réalité chez ce vieux fou libidineux, en pleine possession des ses moyens psychologiques. Et du grand art chez Tanizaki qui reste le « Deus ex machina » incontesté de cet univers japonais aux accents sadiens.

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