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15 septembre 2006

Commentaires

Comme elle est prodigieuse cette première phrase
dite d'un souffle
et qui défie l'emploi du temps

chère Angèle,
Je n'ai pas d'emploi du temps,
J'en suis désolée, juste un peu,
J'ai perdu trop de temps à vouloir le retenir par
un emploi du temps trop serré,
Le temps est venu, un jour et il a déchiré mon emploi du temps.
Il était le temps. Rien que le temps, tout le temps.
Il m'a fait connaître l'infini, l'invisible de son être et depuis
Je marche sur les rives du temps et de l'infini.
chère Angèle,
je vous souhaite le bonsoir.
clem

=>Clem,
Je comprends tout à fait votre approche, Clem, personnelle, passionnée. Elle sent la salutaire rébellion. Moi aussi, il m’arrive de pester contre l’emploi du temps. Cela m’arrivait surtout lorsque celui-ci m’était imposé par les instances supérieures. Maintenant que je me suis délestée et allégée de ce qui me venait de l’extérieur, je m’en tiens à « mon » emploi du temps. Celui que je me construis moi-même, chaque jour. C’est le seul moyen efficace pour ne pas me laisser déborder par les événements. Surtout si je veux aussi profiter au mieux du temps qui est seulement mien. Je m’impose donc quelques contraintes …nécessaires. Qui relèvent de ma liberté et lui assurent davantage de lest. Quant au temps, c'est un bien mystérieux compagnon, un grand dévoreur que je tente désespérément d'apprivoiser. Et c'est tous les jours à recommencer.

=>Viviane
Pour ce qui est de cette page de Michel Butor, elle est tout à fait extraordinaire… et remarquablement écrite. L’emploi du temps consiste ici à retracer par le menu tout ce qui a traversé la journée du narrateur - événements, sensations, observations. De l’extérieur vers l’intérieur, dans lequel on bascule soudain, au détour de la phrase.
A y bien réfléchir, je vois dans Gustave Flaubert l’un des maîtres de Michel Butor. Et sans doute Marcel Proust. Quelle lignée !

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