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20 juillet 2006

Commentaires

Il t'écrira, un soir,
il s'installera à la lueur du clair du lune et sur les feuilles des platanes, en pensant à toi, il t'écrira,
il t'écrira toutes les lettres de lumière qu'il voit dans son esprit ou dans le ciel,
il t'écrira à lueur du clair de lune, et l'espoir et l'amour, l'amour qu'il lit dans les feuilles des platanes il te le fera découvrir, l'amour qu'il dessine sur les feuilles quand elles tombent en fin d'été, et qui recouvriront le sol, il dessinera l'amour pour toi sur les feuilles que l'on croit mortes.
Il te dira tout ce que tu ne veux pas entendre mais qui se gravera dans ton coeur. il te dira tout ce que tu veux entendre et qui te donnera des ailes pour le rejoindre.
clem

La revue Europe a publié un numéro consacré à Ingeborg Bachmann, il s'agit du numéro 892-893, août-septembre 2003, dirigé par Françoise Rétif, et auquel ont participé entre autres Hélène Cixous, Elfriede Jelinek, Christine Koschel...
Cet ouvrage a été très bien accueilli dans les milieux germanistes et universitaires.

Sije

Mille et un mercis, Jeanne-Simone Saint Pol, pour le rappel de cette information que j'avais notamment relevée, en effet, dans Poezibao, en janvier 2005. J'avais même répondu dans les termes suivants :

Dans son ouvrage Professeurs de désespoir, Nancy Huston fait allusion à la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann, l’un des rares écrivains féminins qui trouve grâce aux yeux de Thomas Bernhard. Elle est même une exception. Dont Bernhard s’inspirera pour créer le personnage de Maria dans son roman Extinction: « Depuis que je suis à Rome, j’ai régulièrement rencontré Maria, la seule femme avec qui j’aie vraiment entretenu des relations, chez qui j’ai éprouvé le besoin d’aller toutes les semaines pendant tout ce temps, tu vas chez l’intelligente, ai-je pensé chez l’imaginative, chez la grande, car je n’ai jamais douté que ce qu’elle écrit est grand, a toujours été encore plus grand que tout ce qu’ont écrit toutes les autres poétesses ».

Et Nancy Huston de commenter: « Pourquoi Bernhard admire-t-il tant la « Bachmann » ? Parce qu’elle lui ressemble. Fille d’un nazi militant de Klagenfurt, ravagée par l’ambivalence, elle a fait le même choix que lui : prendre tous les risques, aller partout, dénoncer les veuleries de l’Autriche, vivre sur le fil du rasoir. Quand Bachmann meurt en 1973, brûlée vive dans son lit à l’âge de quarante-sept ans, l’interprétation de Bernhard est toute prête : « ceux qui croient au suicide de la poétesse répètent sur tous les tons qu’elle s’est brisée sur elle-même, alors qu’en réalité, elle ne s’est bien entendue brisée que sur le monde qui l’entourait, et, au fond, sur l’odieuse bassesse de sa patrie, qui à l’étranger aussi, la persécutait pas à pas, comme tant d’autres. »
Nancy Huston, Professeurs de Ténèbres, Actes Sud, 2004, pp. 197-198.

Autre extrait du roman de Bernhard: « Toute la soirée de la veille… je m’étais occupé de Schopenhauer et des poèmes de Maria, j’avais établi un rapport entre eux, à savoir des idées de Schopenhauer et celles de Maria, essayé de construire un véritable rapport philosophique entre les deux dispositions d’esprit, entre les poèmes de Maria et les durs travaux philosophiques de Schopenhauer, sans cesser de subordonner les uns aux autres, de mettre en parallèle ceux–ci et ceux–là, et tenté de dégager ce qu’il y a de philosophique dans les poèmes de Maria, de même ce qu’il y a de poétique ou, mieux, la poésie dans l’œuvre de Schopenhauer .. »
Thomas Bernhard, Un effondrement, Extinction, Gallimard, Collection « Du monde Entier », 1990, pp. 142-143.

Amicizia,
Angèle

Une intéressante video de Françoise Rétif, très sombre, torturée, à propos de Bachmann, - son sujet de prédilection, sur Monumenta 2007, et signalée par Poezibao...

Les habitués le savent déjà, mais pour les autres !
Ceux qui ne partent pas en... vacance.

A JAMAIS VERS LA JOIE !

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