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10 avril 2006

Commentaires

Belle initiative qui, à mon avis, vu la perplexité des quelques lycéen(ne)s, pourtant doué(e)s, que je connais, a toutes les chances d'être utile ! ;)

Pas seulement à l'usage des lycéens ton analyse, Angèle ! Ton étude va me permettre de relire avec plus d'attention Les Planches courbes... Je t'en remercie vraiment !

Superbe initiative Angèle! Je vais parcourir Les Planches courbes en suivant ta lecture, pertinente et intéressante, comme toujours avec toi. J'aime beaucoup ton approche et le langage que tu emploies, clair et précis. Merci pour tout cela... et tout le reste aussi, on ne le dit jamais assez !

Marielle, Nobody, Alfred, merci à tous trois de votre soutien enthousiaste. Il y en a bien d'autres, cachés ça et là dans les courriers personnels. Cela me conforte dans cette entreprise délicate, que je conduis, jour après jour. La barque continue de tracer son sillon à l'avant de la proue. Je me prends à me laisser guider par le "passeur" invisible, dépliant patiemment avec lui les méandres de la mémoire dont je suis la captive consentante.

Je m'embarque comme vous autres dans la confrontation de ma lecture des Planches courbes avec le travail d'analyse qu'Angèle nous propose ici.
Et je retrouve avant toute autre chose le plaisir de la lecture suivie ou commentée, plaisir presque oublié de mes années lycée mais sublimé par le pouvoir (avantage du temps qui passe) de savoir mettre sa propre lecture comme base de l'étude.

A noter le passage d'Yves Bonnefoy dans le nouveau centre culturel de la capitale Bretonne "Les champs libres" ce jeudi 10 mai. Malheureusement la rencontre affiche complet depuis plus d'une semaine, Mr Bonnefoy ayant limité à 150 le nombre de places.
Grande déception de ne pouvoir y participer.
Heureusement les références audio-visuelles citées ici et les pertinents commentaires d'Angèle devraient limiter ma frustration de ne pouvoir entendre parler le poète.

Merci, Edith, merci, mais je crois qu'entendre Yves Bonnefoy parler en direct de ses propres ouvrages, ça doit être une expérience irremplaçable. Voilà bien un homme que j'aimerais rencontrer. Et écouter ! Tellement il m'émeut et me bouleverse ! "Mais, Madame, peut-être que vous l'aimez ?" aurait dit une de mes anciennes élèves.

Bonjour,

Merci pour votre aide précieuse.

De la part d'une élève de terminale L !

Bonjour Lili,

Je t'aurais bien répondu personnellement, mais ton adresse de messagerie est incorrecte.

Bonne journée,

Angèle Paoli

bonjour .. je suis en terminale literraire et ma professeur de littérature nous a donné un devoir portant sur le theme de la lumiere dans "dans le leurre des mots". j'ai beau chercher, les seules choses qui me viennent sont le rapport avec "l'espoir", "la quête de la vérité" et "lumière/vie, pénombre/mort" .. aurais-je oublié quelque chose ? auriez-vous de l'aide à m'apporter ?

Bonjour, je tenais à vous remercier car vous avez vraiment éclairé ma lecture des Planches Courbes. Votre blog est très bien réalisé et je m'en vais de ce pas le conseiller à mes camarades de terminale L.

Merci pour cette aide précieuse :
J'ai vu un sujet de bac traitant d'un "nuage rouge", avez-vous une idée de ce que c'est ?
Je sais que Bonnefoy a écrit un livre de ce nom mais je ne vois rien qui s'y rattache dans Les Planches Courbes...

Merci encore.

Juste une piste que vous pouvez aisément retrouver sur Internet.
Je vous cite un extrait de la conférence qu’a tenue Marie-Claire Bancquart à la Sorbonne : « Mémoire personnelle et mémoire mythique dans Les Planches Courbes » dans le cadre d’un Colloque consacré aux Planches courbes d'Yves Bonnefoy (14 septembre 2005) :
[Début de citation] « Dans le poème « une pierre » (p. 14), évoquant un présent (« Nuées, ce soir ») contemplant un passé (« Tout était pauvre »…), avec « La même étoffe rouge dégrafée », on pense aux réflexions de Bonnefoy dans son ouvrage consacré à la peinture, Le Nuage rouge, où il décrit Les Bergers d'Arcadie de Poussin. Le personnage féminin dans le tableau : c'est la femme « quand elle assure le rapport au monde d'un homme » . Un « nous » à deux, sans doute, qui reparaîtra dans la suite du texte. » [Fin de citation]


Je viens d'apprendre que le prix Kafka a été remis à Yves Bonnefoy à Prague.
C'est mieux que rien, il méritait mieux notre poète pugnace... Il a une belle oeuvre derrière lui qui célèbre les poètes, les peintres et surtout la poésie.

Amicizia da lontano

Sergiacciu


Ci-après un entretien [format RealAudio] que le poète vient d'accorder à Radio Prague.

Vous dites au milieu de votre commentaire que le titre même de l'oeuvre, Les Planches courbes, est une figure métonymique de la barque, barque qui revient de nombreuse fois dans le recueil. Doit-on comprendre que partant de ce principe, Bonnefoy place son ouvrage sous le signe du concept, concept qu'il combat pourtant en se présentant comme étant un fervent défenseur de la présence, et qu'il annonce dès le titre l'incapacité de la poésie à atteindre cette présence et la victoire de la rationalité de l'homme sur sa capacité d'être au monde ?


Pourquoi donc associer l'expression "figure métonymique" à la notion de concept ? La métonymie est un trope, un procédé parmi d'autres dont dispose le poète pour tenter de rendre compte partiellement d'un tout qui se dérobe (à la mémoire, à l'écriture...). L'image des planches courbes qui donne son titre au recueil est une image polymorphe, polysémique aussi. Elle échappe donc par sa nature au caractère figé du concept.

Bonjour,
Mon bac littéraire remonte à deux ans maintenant, et je n'ai pas cessé de lire Yves Bonnefoy depuis. Je ne connaissais pas le poète, je connais maintenant aussi bien le traducteur et l'essayiste d'art (étant à présent à l'École du Louvre, ses textes théoriques sont aussi précieux que ses poèmes). La professeur de français de la première Littéraire nous avait conseillé de lire les quatre œuvres au programme pendant l'été, ce que j'ai fait. Je connaissais déjà Diderot, Ovide & Perrault mais pas ce monsieur... énorme surprise. J'ai ressenti (peut-être est-ce tout à fait erroné, je ne suis pas une spécialiste de la poésie) une similitude avec le poète de la nature René-Guy Cadou que j'aime beaucoup aussi, mais jusqu'à présent je n'avais jamais eu un tel ressenti en face de vers ou de prose. J'aime la poésie en règle générale, j'en écris un peu (si peu...) mais ce choc-là... lu trois fois en une soirée d'été, le recueil des Planches Courbes a illuminé mon année scolaire. Je le connais encore aujourd'hui par cœur, j'ai écouté M. Bonnefoy réciter ses textes, j'ai lu quelques-unes de ses traductions de Shakespeare, sa présentation des haïkus, quelques-uns de ses autres recueils de poésie, ses écrits sur la peinture. D'une façon très prosaïque, il m'a apporté une excellente note au bac de littérature. J'étais tellement émue de pouvoir composer à un examen national sur ce poète que j'en ai pleuré sur ma copie avant d'écrire avec frénésie des tartines de lettres... D'une manière ou d'une autre, ses écrits ont transformé ma vie. Je relis régulièrement le recueil L'encore-aveugle et, évidemment, Les Planches Courbes ; j'ai l'absolue certitude d'avoir fait le bon choix en m'orientant vers l'histoire de l'art mais je regrette toujours un peu, depuis trois ans maintenant, l'abandon de l'étude des lettres classiques et de la poésie... ce qui ne m'empêche pas d'en dévorer toujours autant et de convertir des personnes à la poésie de M. Bonnefoy. Merci à l'auteure de ce site que l'on parcourt avec plaisir, et merci à Yves Bonnefoy qui ne passera sans doute jamais par ici & à qui je dois énormément.



Merci de ce beau témoignage. Peut-être êtes-vous plus nombreux qu'on le dit à avoir pu apprécier durablement l'immense poète qu'est Yves Bonnefoy. Bonne chance à vous à l'Ecole du Louvre.
Si vous avez l'occasion de passer par Marseille, le Musée Cantini propose jusqu'au 3 janvier une admirable exposition qui devrait vous intéresser: "De la scène au tableau".



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