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15 mars 2006

Commentaires


Flap ... l'oiseau se pose et dépose ... en écho ... écho ... écho ... éch ...

*

Trahison

A trahir mon esprit pour de fausses raisons
A trahir mon esprit par de fausses raisons
Il finit par sombrer dans les gouffres amers
Comme le fin voilier qui voguait fier hier
Et qui éperonné par une vague faux
A coulé corps et bien au plus profond de l’eau.

*

busard

Merci, mon cher Busard, pour ces vers qui sonnent haut et juste, en dépit des bonnes fausses raisons qui parfois nous conduisent. Les gouffres, c'est vrai, si nous n'y prenons garde, ne sont jamais loin.

Flap ...

[busard] – Hier ...
[Angèle] - Oui ?
[busard] – ... hier j'ai écrit un poème différent...
[Angèle] – Différent en quoi ?
[busard] – Je suis parti d'un mot et j'ai écrit...
[Angèle] – Cela n'a pourtant pas l'air d'être différent...
[busard] - ... j'ai pratiqué une écriture sans censure, posé les mots les uns derrière les autres sans aucune contrainte technique.
[Angèle] – Quel en est le résultat ?
[busard] - Ecoute...

*

La main

La main
La main
La main
La main

Main qui prend
Main qui donne
Main si douce à ma peau
Main si chère à mon cœur

Main rugueuse
Du labeur acharné corrompue
Aux veines si présentes
Main rongée

Main d’arrêt
De douleurs hésitantes
Au sable fugitif
Maintenant si changeantes

Demain
Demain
Demain
Demain


Ici
Toi
Je

Au-delà du sommeil qui ride cet espace
Je coule au vermeil de ce sang qui se glace

Main que mensonge abîme
Pour attraper la cime
Fusionne
Au contact

La main se tend
Froide ou chaude
Main polie
Main jolie

*

busard


"efface de ta mémoire
les accents détachés
et la froideur des mots qui lassent…

…marche marche encore
qu’un pas alerte t’aide
à ranimer
la pulsion de vie qui vibre
en toi
plein sang"


S'il fallait ne retenir que quelques passages de ce magnifique poème, ce sont ces mots que je choisirais. J'ai laissé tes mots filtrer lentement en moi avant d'écrire cette petite note.

Ce poème semble s'adresser à chacun de nous, abusé par les chimères, par l'espérance de choses qui ne seront pas, par les "faux songes".
Le réel, la pluie, l'instant luciole, la marche… toutes ces choses peuvent nous retenir, retenir nos rêves débridés qui nous entraînent parfois bien au-delà du supportable.

Ce poème semble s'adresser à moi qui suis une incorrigible rêveuse, qui bâtis des mondes sur le sable ou les marécages…

Très beau, Angèle ! Simplement : merci !

=> Merci à vous, mon cher busard, pour ce bel hommage à la main chancelante, ce bel oiseau improbable, saisissant dans sa diversité volage. C'est un très beau texte que le vôtre. Mille mercis.
=> Merci à toi aussi, nobody, merci de partager avec moi cet "instant luciole", très dense, qui m'a portée avec sa force, vers l'écriture de ce texte.

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