« 25 mars 1905 | Eleonora Duse au Nouveau-Théâtre à Paris | Accueil | Broderie orientale »

25 mars 2006

Commentaires


Hommage élégiaque au poète indicible du Genêt,Giacomo Leopardi


Oh toi, Leopardi né à Recanati,
tu portas sur la vie, le regard des «antiques»
et même, les «lumières» semblaient pâles pour toi,
du haut du belvédère de la pensée antique;
tu vivais en ton siècle comme un exilé,
qui a connu l’âge d’or et se languit d’ennui.
Recanati, pour toi, était comme un caveau
dont tu ne t’échappais qu’au travers de tes livres.
Ivre de grec et féru de latin,
seule la bibliothèque était ta vraie amie.
Latiniste à huit ans, Helléniste à quatorze,
si ton corps t’enfermait, ton esprit t’élevait;
bien haut, dans les hauteurs où dominent les aigles.
Très tôt dans la palette de tes talents immenses,
tu sus choisir la muse comme cime des arts;
et devint son Mozart, ciselant de ses mots,
que tu allais cueillir dans les champs de diamant,
dans la Grecque éternelle qui irrigue l'Esprit,
tu souffrais en silence ton époque mesquine.


Par ton hommage à Dante tu commenças d'écrire
et souffrait tellement pour ta patrie meurtrie.
Ainsi tu ravivas la mémoire, des légions enfouis
sous la neige et les glaces de la Russie glaciale,
là ou, Napoléon, conduisit tes enfants
où dans de vains combats ils moururent, si loin.
Admirant la nature tu en perçus la grandeur,
mais en compris aussi les minéralités froides
dont l'éternel retour se rit de nos soucis,
alors que nous goûtons des lieux apprivoisées
son chaos naît et renaît dans ses "Big Bang",
et moins que des fourmis se soucie de nous autres.
Gravissant les volcans tu pouvais contempler
le peu de cas fait, de cités, jadis si glorieuses.
Tu pouvais mesurer l'immense solitude
qui pétrifia Pascal et rend dérisoire, tout orgueil
comme pure chimère dans les champs du Cosmos
ou le temps ne suit pas, nos piètres horloges.
Et, pourtant gravissant les pentes du Vésuve
du Genêt si chétif, tu saisis la grandeur;
celle même, des humains face à l'inexorable.
Mieux encore tu en appelas à la fraternité humaine,
et face aux cataclysmes toujours renouvelés
tu conseillas de ne pas y rajouter nos propres maux.
Toi que l'on désigna : "prince du pessimisme" ;
"sombre amant de la Mort, pauvre Leopardi",
tu fus plus bien plus que d'autres, un sceptique attentif,
aux peines de tes frères, et à leurs vains combats,
Toi le savant chétif qui mourut à trente neuf ans,
tu goûta la passion de cruelles qui repoussaient ta bosse.

Paul Arrighi, Toulouse/Deux Sorru, le 1er juin 2011.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.