À u cœur de L’Approche infinie, dans les interstices du silence, enfouie entre altitude et abîme, se tient la promesse infinie du poème. Entre ces extrêmes « inaudibles » surgit « le geste d’écrire ». Un geste salvateur qui atténue blessures et cicatrices, répare la douleur de la perte et donne au poème la forme silencieuse de l’amour. Amour intense et discret des formes simples, amour du ciel et des nuages, amour de la mer et des fleurs. Amour du langage souterrain des choses. Amour de la lumière et de la vie.

Anne Slacik, Roma, 2001
À l’origine du voyage poétique, La promesse. Vient ensuite La traversée. La traversée - exil, désert, paysage, azur, nuages - conduit au centre. L’île. « Au centre de la fable, l’île ». Elle est l’ancrage de la blessure et de l’attente. De l’abandon et du désir. Elle est le tatouage à dé-chiffrer, l’univers à dé-couvrir, à apprivoiser. Elle est l’île. Celle qui suscite le geste d’écrire. Tenu secret dans la promesse.
L’Approche infinie est un voyage-trajectoire le long de « la caravane des mots » mais, au-delà de cette traversée, elle est approche sensitive de la mise en mots de l’acte d’écrire. Le poète crée l’attente, avec ses amarrages, ses arrimages, ses départs et ses retours, ses découvertes minuscules - « le lézard » et « son syllabaire inconnu » - et ses interrogations. « Qui es-tu » ? « Où es-tu » ? « Où vas-tu » ? « Où vont les jours » ? Écrire alors pour tenter de répondre, pour tenter d’approcher « l’amour à sa source » et de rejoindre la « parole infinie du Oui ». Parole consolatrice du oui, réparatrice, qu’évoque cette double image : « L’anneau syllabe du oui », « cet enclos contre le vide ». L’Approche infinie est exploration. Elle est voyage en ellipse.
Entre deux bornes miliaires et deux approches, entre un seuil et un autre, entre « ellipse » et « césure », surgissent les mots de la douleur, de la fracture, de la faille. De « l’imploré » et de « l’inconsolable ». De la disparition et de l’oubli. Mais aussi, plus tard, plus loin, les mots de la réconciliation. Mots discrets, infimes, légers, à peine perceptibles comme ces menus riens, ces « brindilles », ces présences invisibles qui émaillent le recueil de L’Approche infinie de poème en poème. Pareil à un fil ténu, le poème conduit vers le « chant bleu », à peine audible. Qui donne à déchiffrer le mystère du monde. Et le poète dans sa quête va « vers l’effacement ».
« Désir d’un seul pétale
dans l’existence du poème. »
Sylvie Fabre G., L'Approche infinie, le dé bleu, 2002.
Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli
| Voir aussi : - (sur Terres de femmes) Sylvie Fabre G. par Sylvie Fabre G. (auto-anthologie poétique comprenant plusieurs extraits de L'Approche infinie) ; - (sur Terres de femmes) Sylvie Fabre G./Celle qui n’était pas à sa fenêtre (extrait issu du Génie des rencontres ; - (sur Terres de femmes) Sylvie Fabre G., Corps subtil ; - (sur Terres de femmes) Sylvie Fabre G./Dans l’attente d’un prolongement qui se meurt (note de lecture sur Corps subtil) ; - (sur Terres de femmes) Sylvie Fabre G./Trouver le mot (poème issu du recueil L'Autre Lumière) ; - (sur Terres de femmes) Sylvie Fabre G./Maison en quête d’orient (poème issu du recueil Les Yeux levés ); - (sur Terres de femmes) Sylvie Fabre G./Quelque chose, quelqu’un ; - (sur Terres de femmes) le Portrait de Sylvie Fabre G. dans la Galerie Visages de femmes (+ extrait de L'Approche infinie) ; - (sur Terres de femmes) Jean-Pierre Chambon, Le Petit Livre amer par Sylvie Fabre G. ; - (sur le site de la Mél, Maison des écrivains et de la littérature) une fiche bio-bibliographique sur Sylvie Fabre G. ; - (dans les Chroniques de femmes de Terres de femmes) L'Amourier/Le Jardin de l’éditeur par Sylvie Fabre G. |
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