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28 février 2006

Commentaires

ISOLANO

Quand le fer se perd
Dans l'inconscience de la mer
Il éprouve l'inutilité de sa patience

Alors la déchirure se referme
Dans un infime petit coin du monde
Et il le repeint de ses rêves

Puis pour franchir les rivières d'incompréhension
Il édifie des ponts
Et tisse un chapelet de mots

En dévidant ainsi un harnais singulier
Il retient sa chute vers l'oubli

Amicizia
Guidu _________

Dans l’effilochage incessant de l’écume de mer, elle tisse et détisse les fils de sa déchirure. Elle sombre parfois dans le lourd sommeil de l’oubli, anxieuse de n’en point ressurgir, et soulagée un moment d’étancher sa souffrance. À ce petit jeu quotidien de dévidage et d’enroulement, elle se sait plutôt habile. Parfois, au détour d’un revers de trame, elle met bon ordre. Puis la petite douleur malicieuse renaît et se heurte à un nœud inédit de la chaîne. Elle chasse-croise alors le dessin de ses rêves, la dame de haute–lisse. Elle se tient en équilibre sur un fil, attentive aux mots qui la bercent ou la roulent-boulent au rebours du savant métier des émotions. Elle a beau se savoir bonne tisseuse, des jours et des rêves, il lui faut rester en émoi. Veiller aux écueils qui les guettent. Caboter au large des « rivières d’incompréhension » et de la « chute » irréversible « vers l’oubli ». Et, comme Ulysse, son ancêtre et son dieu, contourner Charybde et éviter Scylla.

En réponse, la photo que vient de me faire parvenir à l'instant Guidu : Le sourire déchirant d'Angèle (Intitulé de Guidu).

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