« 13 février 1916 | Journal de Katherine Mansfield | Accueil | 14 février 1907 | Sarah Bernhardt première femme professeur au Conservatoire »

14 février 2006

Commentaires

Voilà un très beau texte, Angèle, qui me laisse pantoise d'admiration. Tout au long de ma lecture, je me demandais qui avait bien pu écrire ces mots tellement évocateurs, qui avait le talent de formuler des métaphores si tacitement puissantes qu'on imagine sans peine les scènes et personnages décrits. Les mots me manquent, je ne peux que lire et relire encore ces somptueuses lignes (ah ! les strophes IV et V !), me repaître de ce trésor d'écriture et te féliciter, en toute humilité... Bravo donc et merci pour les images, les couleurs, le mouvement, le tableau que je viens, grâce à toi, de créer dans ma tête.

Merci, Pascale, je suis très touchée de tes mots. Et sensible à tes compliments. Comment pourrait-il en être autrement ?
Je portais ce tableau romain dans ma peau et dans ma tête depuis fort longtemps. Il a pris corps et vie ces jours-ci en pleine période de carnaval. Mais savons-nous encore ce que carnaval veut dire ? J'en doute. Je regrette que cette très vieille coutume médiévale se soit perdue. Je suppose qu'elle existe encore, à l'état brut, dans certaines régions de l'Italie, régions reculées de montagnes qui continuent de nourrir mon imaginaire.

Petit mot à Guidu sur les photos qui accompagnent ce merveilleux Lion des Abruzzes que je relis encore. Il y a là une Roma rossa qui me rappelle une autre oeuvre d'art, en tout cas une photo qui nourrit depuis longtemps mes appétits esthétiques, à savoir La tour Saint-Jacques de Brassaï. Excusez du peu, mais l'aspect sombre, vaguement inquiétant de cette tour (rouge) qui domine, énigmatique, et d'une puissance presque menaçante ne peut qu' évoquer le travail de cet autre grand photographe...

Juste une précision. Cette photo (1932-1933) de Brassaï a été publiée en 1937 dans L'Amour fou d'André Breton. Elle était présentée dans l'exposition La Révolution surréaliste qui s'est tenue en 2002 au Centre Pompidou (6 mars-24 juin). Aussi, je mettrais volontiers cette photo en relation avec Plume de geai bleu.

"Qui a volé la clef des champs ?
La pie voleuse ou le geai bleu ?" (Claude Roy).

"J'étais de nouveau près de vous, ma belle vagabonde, et vous me montriez en passant la Tour Saint-Jacques sous son voile pâle d'échafaudages qui, depuis des années maintenant, contribue à en faire plus encore le grand monument du monde à l'irrévélé. Vous aviez beau savoir que j'aimais cette tour, je revois encore à ce moment toute une existence violente s'organiser autour d'elle pour nous comprendre, pour contenir l'éperdu dans son galop nuageux autour de nous :
A Paris la Tour Saint-Jacques chancelante
Pareille à un tournesol
[...]"
André Breton, L'Amour fou, Gallimard/Folio, pp. 69-70.

"La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas".
Idem, page 26.


Guidu, j'aimerais vous dire en premier lieu que l'horloge de votre ordi est déréglée (il n'est pas encore 19h00) et savoir ensuite de quel texte précisément sont tirés les extraits proposés dans le "Dialogue" Poésie/Architecture (aRoots).
Elle très inquiétante, en effet, cette Tour Saint-Jacques photographiée par Brassaï. Elle m'impressionne beaucoup, mais je l'aime. Probable réminiscence nervalienne ?
Merci à tous deux, Guidu et Pascale. Merci à Yves de ramener vers nous les mots magiques d'André Breton.
Je reconnais bien la passion d'Yves pour le Surréalisme. Mettre en relation "La Plume de geai bleue" et "Le Lion des Abruzzes", je n'y avais pas songé ! Mais, connaissant notre ami, je soupçonne là plus d'une piste poétique malicieuse. Ne serait-ce que celle d'Emaux et Camées de Théophile Gautier !! Allez, je vous laisse deviner. Je ne peux tout de même pas tout vous dire...

Me comparer à Brassaï ! Voilà qui est exagéré ! Merci Pascale ! Même si du texte d’Angèle, on peut dire qu’il fait parfois penser à Borges.

Amicizia
Guidu ________

Di grande suggestione questo tuo "viaggio" poetico romano e "lupercale" Angèle, dove si ravvisa giustamente Borges, ma anche tanto il primo sorprendente Landolfi della Pietra lunare, un romanzo da leggere per il potere allucinatorio che evoca.
Ringrazio Guidu per la segnalazione e mi complimento con lui per l'amato "colosseo quadrato" in rossoblu.

Rita, Rita, cara strega, grazie per il tuo commento sul mio viaggio in "Lupercalia"! Il paragone con Borges mi stupisce (con grande piacere)perchè non è la prima volta che viene fatto concernandomi. Devo assolutamente tufare di nuovo nella sua grande opera.
Grazie per Landolfi che non ho ancora letto. Ho messo una priorità sul suo giornale intimo Rien va, che ho in biblioteca. In copertura si legge : "La souffrance est, peut-être, j'allais dire objectivement, le moins vulgaire des passe-temps". Fa parte, Landolfi della grande famiglia dei malinconici !
Ti penso, Rita. Oggi lavoro per te !

Anghjula, Ivucciu

Comme je suis heureux que vous veniez me rejoindre à Roma !
Allez, on va se faire une balade dans la cité éternelle à bord de mon Alfa cabriolet en écoutant à fond Lucio Dalla avant d’aller dîner à la "Vecchia Roma" où j’ai réservé une table…
Vi sto aspettando !

Baci tenere
Guidu ________

Grazie, caro cavaliere, grazie mille per il tuo bell' invito. Felicissima di ritrovarti alla "Vecchia Roma". Mi farò un pranzo di antipasti al carrello. Che felicità!
Arriviamo, pazienza, c'è un traffico da morire oggi, chissà perchè ! Poi, dopo pranzo, mi farebbe piacere andare sul lido, colla tua Alfa blu metallica, capelli al vento e la musica di Lucio Dalla al fondo, sulle strade di sole e mare. Che bella giornata in prospettiva. Ah, "la prospettiva" ! ancora un ricordo alla Fellini. Non mi posso impedire. Ti raconterò. Ciao, cavaliere, sono impaziente. @ prestu .


Le bleu aquatique ou céleste n'est que la meurtrissure du soleil-sang. Dans la Grèce archaïque et dans l'Egypte ancienne , une petite grenouille était liée au lion solaire... corps à corps éblouissant de l'eau et du feu... Quelle écriture magique !


L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.